LE VERTIGE (2026)


L'histoire

 

Jacques se rend chez son ami Bruno pour lui annoncer une nouvelle importante : l’humanité toute entière vit dans une simulation…


L'AVIS DE SF-STORY

POINTS POSITIFS ET NEGATIFS

+ Concept visuel d'une audace radicale et réjouissante : faire d'une animation volontairement bancale et bourrée de bugs le miroir parfait d'un récit sur la simulation de la réalité est un coup de génie formel que seul Quentin Dupieux pouvait oser.

HORS-CHAMP*

Un pitch de SF pour comédie absurde

 

Le Vertige suit Jacques, qui annonce à son ami Bruno une découverte bouleversante : l'humanité vivrait tout entière au sein d'une simulation. Cette révélation fissure le quotidien de Bruno et fait vaciller ses certitudes les plus ancrées. Dès lors, les gestes ordinaires deviennent suspects, chaque objet et chaque interaction semblant appartenir à un décor programmé.  Le postulat, digne des grandes œuvres de science-fiction métaphysique, est traité avec le ton absurde et imprévisible propre à Quentin Dupieux. Jacques a fait sa découverte en notant des bugs dans la réalité : des oiseaux qui volent sans bouger, des individus dotés d'une moitié de corps, une boulangère avec trop de doigts aux deux mains. Le film va entraîner ces deux-là vers une réflexion métaphysique tordante, Dupieux jouant sur la supériorité du spectateur sur ses personnages en 3D vintage, la distance entre les doutes existentiels de ses personnages et le rendu abstrait et approximatif à l'image.  Présenté en clôture de la Quinzaine des Cinéastes au Festival de Cannes 2026, le film a une puissance émotionnelle et formelle assez folle.

Une conception graphique radicalement anti-spectaculaire

 

C'est là que réside la véritable audace du film. Le Vertige est tourné en prise de vues réelles avec capture de mouvement, puis transformé en 3D grâce au logiciel libre Blender. L'animation a été réalisée par cinq jeunes diplômés d'une école d'animation — Yann Roussel, Max Nicolas, Rémy Alleman, Solane Duval et Léo Pouliquen — aucun d'entre eux n'ayant jamais fait de film animé auparavant.

 

Quentin Dupieux : "C'est foireux, il y a des bugs, et c'est exactement ce que je voulais créer. Quelque chose de fragile et de touchant."

 

La capture de mouvement a été effectuée via une simple application iPhone, sans finalisation de rendu coûteuse, sans outil d'IA. À contre-courant de ceux qui s'acharnent à proposer une 3D sensationnelle, toujours plus réaliste, Dupieux et son équipe ont pris un malin plaisir à proposer un travail délibérément grossier : textures aplaties, corps lisses, animations raides, de quoi faire revivre les soirées passées sur les deux premières PlayStation ou les premières versions des Sims. Le responsable graphique du film est Fred Cambon, dont le travail revendique ouvertement cette esthétique low-poly. Dupieux a confirmé que le style visuel est directement inspiré de GTA: Vice City, dont les personnages peu détaillés, les expressions limitées et les bugs intentionnels restituent fidèlement l'atmosphère des graphismes PlayStation 2 du début des années 2000. 

La science-fiction comme miroir du complotisme contemporain

 

Interrogé sur la première image qui lui est venue, Dupieux confie : "Je pense que c'est une image de jeu vidéo. Je voulais mélanger un jeu vidéo avec un film existentiel. J'avais très envie de faire de l'animation, mais pas avec les codes de l'animation : détourner l'animation et faire un film hyper réaliste, avec un récit un peu lent, de petits soucis existentiels." À l'heure où la technique cherche à se confondre avec le réel, Dupieux s'amuse avec l'archaïsme d'une animation pleine de bugs et d'approximations, jouant sur le fait que le personnage d'Alain Chabat arrive avec sa découverte à la Matrix — "qu'il n'a pas vu", précise le film lui-même. Portrait flippé du complotisme au service du capitalisme et de la façon dont l'inquiétude crée de fausses certitudes, le film tend un miroir à peine déformant à notre époque. Quentin Dupieux utilise ce postulat de science-fiction pour livrer une comédie sur la paranoïa et la croyance. Et Dupieux annonce déjà la suite : il veut tourner une suite dans le style des franchises vidéoludiques, où le second épisode bénéficierait de graphismes légèrement améliorés. 

BANDE-ANNONCES

PHOTOS

© Diaphana Distribution Tous droits réservés.

LE REALISATEUR

Réalisateur, scénariste, monteur et musicien (alias Mr. Oizo), Quentin Dupieux est l'un des cinéastes français les plus prolifiques et les plus singuliers de sa génération. Ses films, courts et denses, forment une œuvre cohérente autour de l'absurde, de la paranoïa et du décalage commencé avec Steak (2007) et poursuivi avec Rubber (2010), Wrong (2012), Wrong Cops (2013),  · Réalité (2014), Au poste ! (2018), Le Daim (2019), Mandibules (2020), Incroyable mais vrai (2022), Fumer fait tousser (2022) · Yannick (2023), Daaaaaali ! (2023), Le Deuxième Acte (2024), L'Accident de piano (2025), Full Phil (2026), Le Vertige (2026).

Tourner avec Dupieux, c'est une sorte de garantie de faire quelque chose d'unique, même si le résultat divise — et la liste de ceux qui ont accepté l'aventure est éloquente : Jean Dujardin, Alain Chabat, Adèle Exarchopoulos, Benoît Poelvoorde, Gilles Lellouche ou encore Raphaël Quenard. Avec Le Vertige, il franchit une étape supplémentaire en signant son premier long métrage d'animation


GENERIQUE

Le vertige (id.)Quentin Dupieux, 2026, France. 

Son : Format d'image : NC.

Réalisateur : Quentin Dupieux. Durée : 1h08.

Productions : Chi-Fou-Mi Productions.

Distribution France : Diaphana Distribution.

ProducteursQuentin Dupieux, Hugo Sélignac.

Scénario : Quentin Dupieux.

Effets spéciaux : Remy Alleman, Solane Duval, Max Nicolas, Yann Roussel (conception 3D et animation).

Responsable de production : Clément Tréhin-Lalanne.

Directeur de la photographie : 

Montage : Quentin Dupieux, Léo Pouliquen.

Musique : Franck Lascombes.

Chef décorateur : NC.

Direction artistique : Joan Le Boru.

Décorateur plateau : NC.

Costumes : NC.

Maquillages : NC.

Casting : NC.

Interprètes : Alain Chabat (Jacky), Jonathan Cohen (Bruno Moulin), Anaïs Demoustier (Fabienne/Claude), Jean-Marie Winling (Christophe Bourgeois).

Date de sortie française : 12 Juin 2026 (Cinéma)

Budget estimé

Recettes mondiales : NC.



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