Dans un futur proche où les conditions météorologiques extrêmes constituent une menace pour l'humanité tout entière. Un père et sa fille se cachent sur une île et se préparent à ce que le monde s'écroule.
POINTS POSITIFS ET NEGATIFS
+ Une atmosphère immersive et tendue, portée par la relation père et fille, entre The Road et Sans un bruit.
- Un concept de science-fiction insuffisamment développé.
Plus intimiste que spectaculaire
Dans un monde dévasté où l’humanité lutte pour sa survie, WorldBreaker, au titre trop tonitruant et inapproprié, déploie une vision sombre et étonnamment immersive du chaos. Le film s’ouvre sur une mythologie intrigante : après l’effondrement du monde, les hommes ont combattu… puis les femmes ont pris le relais au sein de Kodiak, une force militaire devenue matriarcale menée par une commandante incarnée par Milla Jovovich (que l'on verra finalement peu). Face à elles, des créatures énigmatiques les "casseurs" surgissent de failles mystérieuses, venues des entrailles de la Terre ou d’ailleurs, symboles d’une nature en colère. Derrière ce bestiaire étrange se dessine un sous-texte écologique discret mais efficace, évoquant un monde ravagé par l’exploitation des ressources.
Très vite, le film délaisse le pur récit de guerre pour se recentrer sur une histoire plus intime. À travers les yeux de la jeune Willa, à qui son père transmet la légende de Kodiak comme un récit d’espoir, le long-métrage interroge la notion de héros et le rôle des croyances dans un univers où tout semble perdu. Cette dimension émotionnelle apporte une vraie profondeur à l’ensemble, d’autant que la relation père-fille (Luke Evans et Billie Boullet)constitue le cœur battant du film. On pense parfois à The Last of Us pour cette dynamique affective dans un monde hostile, mêlée à une ambiance plus étrange, presque lovecraftienne, qui évoque aussi The Mist.
Visuellement, le film marque des points, notamment dans sa seconde partie située sur une île aux paysages saisissants, qui contrastent avec la noirceur du récit. Ce cadre naturel renforce le sentiment d’isolement et permet au film de basculer vers un survival plus classique, mais jamais paresseux. L’arrivée d’une autre survivante vient troubler l’équilibre fragile du duo central, apportant une tension supplémentaire bienvenue.
Malgré quelques zones d’ombre, notamment autour de ces "casseurs" dont l’origine reste volontairement floue, le film parvient à éviter l’écueil de la simple série B opportuniste. Porté par un duo père-fille convaincant et une atmosphère maîtrisée, il propose une variation du récit post-apo, plutôt intimiste, qui s’inscrit dans la lignée des œuvres du genre tout en conservant une identité propre.
La fissure et les casseurs
Dans un monde ravagé par l’apparition de créatures appelées les casseurs, surgissant d’une faille souterraine nommée "la fissure", des femmes soldats mènent un combat acharné pour protéger l’humanité. Les casseurs peuvent contaminer les humains, principalement les hommes et les transformer en hybrides, laissant aux femmes le rôle central dans la résistance. Bien que vulnérables aux armes à feu, les casseurs ne peuvent être réellement éliminés que par décapitation, d’où l’usage d'épées.
Le début de l'histoire racontée par un père à sa fille, Willa, dont la mère, ancienne combattante, appartenait à ces unités. Lorsque leur village est attaqué, ils ont fuit par la mer et ont trouvé refuge sur une île isolée, où ils tentent de survivre seuls.
Un conte fantastique et d'horreur
Selon le réalisateur Brad Anderson : "Worldbreaker est avant tout une histoire intime dissimulée dans un récit de fin du monde. Je voulais explorer ce qui reste de l’humanité lorsque les structures sociales disparaissent : la famille, la transmission, la mémoire. Le film joue sur la tension entre le visible et l’invisible : les monstres sont réels, mais ce sont surtout les peurs, les pertes et les traumatismes qui hantent les personnages.
À travers le regard de l’enfant, le monde devient à la fois mythologique et terrifiant, comme un conte raconté au coin du feu — sauf que cette fois, le conte est réel."
Brad Anderson, formé à la London Film School, débute avec la comédie romantique Next Stop Wonderland (1998) avant de s’imposer avec des œuvres plus sombres comme le film d'horreur Session 9 (2001), qui révèle son talent pour les ambiances oppressantes.
Il accède à la reconnaissance avec The Machinist (2004), porté par Christian Bale, puis enchaîne avec Transsibérien (2008) et le succès commercial The Call (2013), avec Halle Berry.
Parallèlement, il réalise des épisodes de séries comme Fringe (2008–2013), The Wire (2002–2008) et Boardwalk Empire (2010–2014), confirmant sa maîtrise du suspense.
Brad Anderson n’a aucun lien de parenté avec Paul W. S. Anderson, connu pour la franchise Resident Evil.
Casting de monstres
Le film réunit Milla Jovovich et Luke Evans, qui ont déjà joué ensemble dans Les Trois Mousquetaires (2011) et possèdent tous deux une solide expérience des films de monstres : Evans a incarné le célèbre vampire dans Dracula Untold (2014), réalisé par Gary Shore, tandis que Jovovich est une figure emblématique du genre grâce à la saga Resident Evil (2002–2016), dirigée en grande partie par Paul W. S. Anderson, ainsi qu’au film Monster Hunter (2020), également réalisé par ce dernier.
© Amasia Entertainment / 23ten / Gramercy Park Media / Studio 507 - Tous droits réservés.
Worldbreaker (id.), Brad Anderson, 2025, Etats-Unis.
Son : NC. Format d'image : 2.39.
Réalisateur : Brad Anderson. Durée : 1h35.
Productions : Amasia Entertainment, 23ten, Gramercy Park Media, Studio 507.
Distribution France : Haussmann Medias.
Producteurs : Martin Brennan, Bradley Gallo, Michael A. Helfant, Tracy Mercer, Jib Polhemus.
Producteurs associés : Sean Hussey.
Producteurs exécutifs : Harry Ahluwalia, Alastair Burlingham, Ford Corbett, Jatin Desai, Greg Friedman, Joshua Harris, Nathan Klingher, Nat McCormick, Ari Novak, Brian O'Shea, Scott Powell.
Productrice délégué : Janine Cobain,
Scénario : Joshua Rollins.
Effets spéciaux (sociétés) : Millennium FX.
Directeur de la photographie : Daniel Aranyó.
Montage : Brian Philip Davis.
Musique : Matthew Rogers.
Chef décorateur : John Leslie.
Direction artistique : Simon Baxter.
Décorateur plateau : Megan Britton.
Costumes : Susan Scott.
Maquillages : Shelley Blair.
Casting : Orly Sitowitz, Carla Stronge.
Interprètes : Milla Jovovich (Maman), Luke Evans (Papa), Billie Boullet (Willa), Steven Calvert (Soldat infecté), Meadow Williams (La femme gardienne), Mila Harris (Rosie), Charis Agbonlahor (Le soldat d'évacuation), Chris Finlayson (Kodiak), Kevin Glynn (L'homme sur le bateau), Nadia Violet-Johnson (L'autre garde féminine), Brian Devlin (Le vieil homme)...
Date de sortie française : 20 Avril 2026 (Amazon Prime)
Date de sortie US : 5 Décembre 2025.
Budget estimé : NC
Recettes mondiales : NC
*Le hors-champ est la partie de la scène qui n'apparaît pas dans un plan d'un film parce qu'elle n'est pas interceptée par le champ de l'optique de la caméra que ce champ soit invariable (plan fixe), ou variable (plan où la caméra effectue un mouvement (panoramique et/ou travelling) et/ou un zoom).
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