PROJET DERNIERE CHANCE (2026)


L'histoire

Ryland Grace, un ancien professeur de sciences, se réveille seul à bord d’un vaisseau spatial situé à plusieurs années-lumière de la Terre. Il ne se souvient ni de qui il est, ni de la raison de sa présence dans cet endroit. Au fil du temps, des fragments de mémoire refont surface : il découvre qu’il a été envoyé pour élucider le mystère d’une substance inconnue responsable du déclin du Soleil. Pour espérer sauver l’humanité, il devra mobiliser tout son savoir scientifique et faire preuve d’une ingéniosité hors du commun… Heureusement, une rencontre totalement improbable pourrait bien lui offrir un soutien inespéré dans cette mission solitaire.


L'AVIS DE SF-STORY****

POINTS POSITIFS ET NEGATIFS

+ Le film est produit par un groupe d’acteurs et producteurs très engagé : Ryan Gosling, la productrice Amy Pascal (la dernière trilogie Spider-Man), Phil Lord (producteur de Spider-Man: New Generation et Solo: A Star Wars Story), Christopher Miller, et le romancier Andy Weir lui-même.  

Projet dernière chance impressionne d’abord par l’ampleur de sa production : adaptation d’un best-seller mondial, plusieurs années de développement, un budget colossal et un acteur principal, Ryan Gosling, investi corps et âme dans le projet. Mais derrière cette machine hollywoodienne, le film prend le contre-pied du spectaculaire attendu. L’histoire suit Ryland Grace, professeur de sciences amnésique perdu dans l’espace, chargé de sauver une humanité menacée par l’extinction du Soleil. Un point de départ classique en apparence, que le film transforme en une aventure plus intime, centrée sur la mémoire, la transmission et l’espoir.

Visuellement, le résultat est saisissant : la photographie de Greig Fraser capte l’immensité du vide spatial avec une précision et une beauté rares, tandis que la musique de Daniel Pemberton accompagne le récit avec puissance et retenue. Les effets spéciaux, mêlant numérique et animatronique (preuve que l'alchimie des techniques est encore pertinente), donnent corps à un univers crédible et immersif, où chaque séquence semble pensée pour le grand écran. Certaines scènes imposent un silence quasi religieux, rappelant les grandes heures du genre, notamment Interstellar.

 

Au cœur du film, Ryan Gosling porte presque seul le récit pendant plus de deux heures et demie. Il insuffle à son personnage une humanité désarmante, oscillant entre humour, fragilité et détermination. Son interprétation, souvent drôle sans jamais être forcée, permet d’équilibrer un scénario pourtant dense, parfois complexe dans ses explications scientifiques. Si les seconds rôles restent en retrait, le film trouve son véritable équilibre dans une relation inattendue, touchante et singulière, qui devient peu à peu le moteur émotionnel du récit.

 

Malgré quelques facilités et un démarrage qui peut dérouter par son flot d’informations, Projet dernière chance s’impose comme une œuvre de science-fiction étonnamment sensible. Refusant la surenchère permanente, il privilégie les émotions, la curiosité et l’intelligence, tout en restant accessible et souvent drôle. Entre spectacle et poésie, le film célèbre avant tout la rencontre, l’altérité et la capacité humaine à coopérer face à l’inconnu. De la SF optimiste pour un blockbuster ambitieux qui, sans révolutionner le genre, parvient à émouvoir durablement.

HORS-CHAMP*

Adaptation d'un roman SF à succès

 

Au début de l’année 2020, Andy Weir, l’auteur à succès de Seul sur Mars (The Martian), a vendu les droits d’adaptation cinématographique de son roman Project Hail Mary aux studios  Metro-Goldwyn-Mayer (MGM) pour un montant de 3 millions de dollars. Très vite, le projet a pris forme : en mai 2020, Phil Lord et Christopher Miller ont été officiellement engagés pour diriger et produire l’adaptation. Ces deux réalisateurs, déjà pressentis pour d'autres projets autour d’Andy Weir, comme l’adaptation du roman Artemis (2017), semblent parfaitement alignés avec l’univers mêlant science, drame et humour porté par Weir

Par ailleurs, Drew Goddard a été nommé pour écrire le scénario. C’est un choix particulièrement cohérent : il avait déjà adapté le roman The Martian de Weir pour le grand écran, ce qui fait de Project Hail Mary la deuxième collaboration entre Weir et Goddard.  

Un romancier bankable

 

Le film est coproduit par un groupe d’acteurs et producteurs très engagé : Ryan Gosling, la productrice Amy Pascal (productrice de la dernière trilogie Spider-Man), Phil Lord (producteur de Spider-Man: New Generation et Solo: A Star Wars Story), Christopher Miller, et le romancier Andy Weir lui-même. 

L’investissement initial sur les droits et le développement semble avoir été très stratégique : MGM aurait misé sur Weir encore avant même la publication du livre, anticipant le fort potentiel commercial de l’histoire. Le roman d’origine, Project Hail Mary, a été publié en mai 2021.

Le fait que MGM ait payé un prix élevé pour des droits non encore exploités montre leur confiance dans la capacité d’Andy Weir à produire des œuvres portées par la science, le suspense et l’humanité et transposables au cinéma.

L'association de Lord et Miller, leur sens de l’humour et de la mise en scène, et celui de Goddard ont favorisé une continuité  thématique avec l’univers de Weir (notamment grâce à sa précédente adaptation de Seul sur Mars), même si les récits ne font pas formellement partie d’une même saga...

Le film marque donc le retour de Phil Lord et Christopher Miller à la réalisation, depuis leur premier long-métrage 22 Jump Street (2014) et leur première collaboration derrière la caméra depuis leur départ précipité du projet Solo: A Star Wars Story (2018) suite à des différends artistiques.

RG

 

Ryan Gosling, considéré comme le seul choix possible pour incarner Ryland Grace, a accepté le rôle dès l’acquisition des droits du livre en 2021. C’est le deuxième film dans lequel Ryan Gosling joue un astronaute, après First Man : Le Premier Homme sur la Lune (2018). Petite coïncidence amusante : l’acteur partage les mêmes initiales que son personnage dans ce film.

En misant sur Ryan Gosling comme à la fois comme acteur principal et coproducteur, le projet allie la crédibilité avec un acteur reconnu et son intense implication dans la production.

Hail Mary

 

Le personnage qu'incarne se nomme Ryland Grace et le vaisseau porte le nom Hail Mary, ce qui renvoie à l’expression latine "Ave Maria, pleine de grâce". 

Au sens littéral, c'est la traduction anglaise de "Je vous salue, Marie". La citation complète étant " Hail Mary, full of grace, the Lord is with thee" , à savoir "Je vous salue, Marie, pleine de grâce, le Seigneur est avec vous"... mais l'expression "Hail Mary" est devenue courante dans le football américain, et depuis dans d'autres sports aux US pour désigner tout effort audacieux et désespéré pour réussir quelque chose. Le vaisseau spatial de la dernière chance, d'où le titre français du film. 

Une bande-annonce gâche le plaisir ! [Attention Spoilers]

 

Le tout premier trailer du film a été dévoilé le 30 juin 2025 par Amazon MGM Studios. Dans cette longue bande-annonce de presque 3 minutes, beaucoup d’éléments du film sont dévoilés : on y voit Ryland Grace (Ryan Gosling) amnésique, dans son vaisseau, et des flashbacks sur la mission cruciale. La bande-annonce met aussi en avant une rencontre avec un extraterrestre (prénommé “Rocky” par l'astronaute), ce qui laisse présager une possible amitié naissante avec l'alien trés rocailleux !

Le teaser déjà très -trop- “complet” démontre que le studio mise gros sur ce film alliant probablement science-fiction sérieuse, humour et émotion. Le lien entre Grace et l’alien pourrait être l’un des éléments les plus “bankables” — une alliance inter-espèces pour sauver l’humanité mais sortir un trailer aussi détaillé et aussi tôt, soit 9 mois avant la sortie, est un pari qui  peut construire l’attente, mais aussi révéler trop d’information très tôt et gâcher le plaisir des futurs spectateurs !

D'ailleurs les réactions ont été plutôt dans ce sens : "Cette bande-annonce révèle trop d’éléments importants : on voit Rocky (l’alien) alors que dans le livre c’est un gros twist." et beaucoup de lecteurs du livre originel ont déclaré que la bande-annonce montre Rocky, l’alien, alors que dans le livre sa révélation est très progressive. Certains estiment que cela enlève une partie de la surprise.

Hard Sci-Fi

 

Moins perceptible dans le film que dans le roman, la base scientifique du film est particulièrement dense : comme dans Seul sur Mars (2015) de Ridley Scott, le récit mélange vulgarisation, physique réaliste et spéculations crédibles, même si certains éléments relèvent évidemment de la science-fiction.

 

Le postulat de départ repose sur une anomalie cosmique affectant l’énergie solaire : Weir utilise des notions réelles liées au rayonnement stellaire, à la photosynthèse et aux conséquences climatiques d’une baisse de luminosité du Soleil qui perd peu à peu de son énergie, ce qui menace directement la survie de l’humanité. Le romancier imagine l’apparition d’un micro-organisme extraterrestre baptisé "astrophage" (du grec ancien, signifiant "mangeur d'étoiles"), capable d’absorber l’énergie des étoiles comme une immense batterie biologique. Dans le roman, cette forme de vie microscopique se nourrit directement du rayonnement solaire, ce qui entraîne une diminution progressive de la luminosité et de la chaleur émises par le Soleil.

Scientifiquement, le Soleil produit son énergie grâce à la fusion nucléaire : dans son noyau, des atomes d’hydrogène fusionnent pour former de l’hélium, libérant une quantité gigantesque d’énergie sous forme de lumière et de chaleur. Cette énergie maintient l’équilibre climatique terrestre. Même une légère baisse du rayonnement solaire aurait des conséquences dramatiques sur les températures globales, l’agriculture et les océans. Ce qui entraîne un processus crédible : les récoltes s’effondreraient rapidement, les chaînes alimentaires marines seraient perturbées et une nouvelle ère glaciaire pourrait commencer en quelques décennies.

 

Une part de science-fiction

 

L’idée d’un organisme vivant exploitant directement l’énergie stellaire relève évidemment de la science-fiction, mais elle repose sur une logique biologique inspirée de phénomènes réels : certaines bactéries terrestres utilisent déjà des sources d’énergie extrêmes, la photosynthèse transforme la lumière en énergie chimique, et certains organismes comme les tardigrades survivent survivre au vide spatial, au gel absolu, à des températures supérieures à 100 °C, à une déshydratation quasi totale et et à de fortes radiations !

Andy Weir pousse simplement le curseur plus loin en imaginant une vie adaptée au vide spatial et aux radiations stellaires. Le concept reste spéculatif, mais il respecte une cohérence scientifique.

 

L’autre aspect intéressant est que le problème n’est pas présenté comme une explosion spectaculaire du Soleil, mais comme une crise lente et inexorable. Cela rend la menace beaucoup plus réaliste et anxiogène : l’humanité dispose encore de temps pour réagir, mais chaque année voit les températures mondiales chuter davantage.

Le voyage vers Tau Ceti

 

Le voyage interstellaire est l''autre aspect scientifique évoqué. L'étoile Tau Ceti se situe à presque 12 années-lumière de la Terre, à la vitesse spatiale actuelle, un voyage jusque-là serait pratiquement impossible à l’échelle humaine. A titre d'exemple, la sonde Voyager 1, l’un des objets humains les plus rapides jamais construits, mettrait environ 200 000 ans pour atteindre Tau Ceti ! Dans Projet Dernière Chance, Andy Weir imagine une propulsion révolutionnaire permettant au vaisseau Hail Mary d’atteindre une vitesse relativiste extrêmement élevée grâce à l’Astrophage, la source d’énergie extraterrestre découverte dans le récit, permettant un voyage raccourci à 13 années vues depuis la Terre, mais beaucoup moins pour l’équipage à cause des effets de la relativité.

Le film utilise ici un principe réel de la physique d’Einstein : plus un objet s’approche de la vitesse de la lumière, plus le temps ralentit pour les voyageurs par rapport aux observateurs restés sur Terre. C’est ce qu’on appelle la dilatation du temps. Ainsi, dans le récit, les astronautes vieillissent beaucoup moins vite que les habitants restés sur Terre. C’est l’un des aspects les plus scientifiquement crédibles et fascinants du roman d’Andy Weir.

BANDE-ANNONCES

PHOTOS

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AFFICHES


GENERIQUE

Projet Dernière Chance (Project Hail Mary), 2026, Phil Lord et Christopher Miller, Etats-Unis.

Son : Dolby Atmos, IMAX 6-Pistes. Format d'image : 1.90 (version IMAX), 2.20 (scènes spatiales), 2.39 (scènes terrestres).

Réalisateur :  Phil Lord et Christopher Miller. Durée : 2h36.

Productions : Amazon MGM Studios, General Admission, Lord Miller, Metro-Goldwyn-Mayer (MGM), Pascal Pictures, Waypoint Entertainment.

Distribution France : Sony Pictures France.

Producteurs : Ryan Gosling, Phil Lord, Christopher Miller, Rachel O'Connor, Amy Pascal, Aditya Sood, Andy Weir

Producteurs associés : Ross Jensen

Producteurs exécutifs : Nikki Baida, Sarah Esberg, Drew Goddard, Ken Kao, Lucy Kitada

Scénario : Drew Goddard, Andy Weir d'après le roman d'Andy Weir.

Directeur de la photographie : Greig Fraser.

Direction artistique : Thomas Brown (superviseur), 

Chef décorateur : Charles Wood.

Décorateur plateau : John Bush.

Effets spéciaux (sociétés)

MontageGeorge Dowson, Jenny Lindamood, Jessica O'Donoghue, Russell White.

Musique : Daniel Pemberton.

Casting : NC.

Costumes : David Crossman, Glyn Dillon.

Maquillage : Yianni Hapeshis.

Interprètes : Ryan Gosling (Ryland Grace), Milana Vayntrub (Olesya Ilyukhina), Sandra Hüller (Eva Stratt), Ken Leung, Liz Kingsman (Shapiro), Lionel Boyce, Aaron Neil (Narender), James Ortiz (Rocky), Isla McRae, Orion Lee (Xi), James Wright (Agent de la CIA), Robert James Smith (Le scientifique), Bastian Antonio Fuentes.

Date de sortie française : 18 Mars 2026.

Date de sortie USA : 20 Mars 2026.

Budget estimé : 190M$.

Recettes mondiales (au 27/05/2026) : 672 M$.



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