THE FACULTY (1998)


L'histoire

Comme beaucoup d'autres écoles actuelles, Herrington High a, depuis longtemps déjà, vécu son âge d'or. Ses murs virent au gris, ses livres scolaires véhiculent des informations périmées, ses professeurs paraissent usés bien avant la retraite... Dans les couloirs se pressent des élèves sérieux et des cancres notoires, les fonds servent le plus souvent à acheter des maillots pour l'équipe de l'université, au détriment de matériels scolaires dont les élèves auraient grandement besoin...

Seulement voilà, les profs prennent depuis quelques jours un comportement bizarre, tellement étrange que certains étudiants soupçonnent les professeurs d'appartenir à une autre espèce, de venir d'une autre planète. Un des étudiants découvre même un curieux organisme sur la pelouse du stade, qui a la propriété de se multiplier au contact de l'eau. Le soir venu, la résistance contre l'agresseur s'organise...


L'AVIS DE SF-STORY****

POINTS POSITIFS ET NEGATIFS

+ Fusion très efficace de science-fiction paranoïaque, d’horreur et de teen movie, qui transforme un simple lycée américain en terrain d’invasion extraterrestre, tout en rendant hommage aux classiques de The Thing (1982) à L'invasion des profanateurs de sépultures (1956). 

 

Le campus des profanateurs de sépultures

 

The Faculty est un des ces films qui vous permettent d'avoir une bonne surprise ! A première vue, cette histoire de campus avec des étudiants bien stéréotypés, mal dans leur peau, en conflit parental, ne pouvait se démarquer de la production actuelle à la Scream ou autre tueur en série sévissant arme blanche à la main.

Robert Rodriguez, le réalisateur, nous avait déjà donné un film d'horreur tendance gore-comique avec Une nuit en enfer, mais rien ne laissait présager un film aussi aboutit sur la forme. Il nous assène dès le début une scène ultra-classique de serial-killer en professeur de gym maniaque du crayon à papier pour virer ensuite à la science-fiction pure.

Il réussit à rendre attachants tous ses personnages sans en sacrifier un seul, et même si l'intrigue oscille entre La Mutante (semi-échec), The Thing ou L'Invasion des profanateurs de sépultures (toutes versions confondues), le film y fait clairement référence dans le dialogue entre les personnages : "Et dans l'invasion des profanateurs ça se terminait comment?" déclare l'une des héroïnes. 

Au delà des références et des emprunts certains, le film parodie également le genre dans les dialogues, un des acteurs déclare, après le meurtre d'un professeur passé du côté des envahisseurs : "En principe dans les films, il y en a toujours un qui dit fichons le camp d'ici!". Si Robert Rodriguez s'amuse au second degré sur un canevas classique, c'est pour donner plus de relief aux scènes chocs, avec des effets spéciaux particulièrement réussis (pour l'époque) de la société KNB.

Chaque personnage est tout à fait crédible, suffisamment ambigu dans son comportement pour permettre une scène qui est qui, où le doute s'insinue entre les protagonistes : toute personne devenant une possible victime du monstre parasite...

A côté des rôles plus jeunes, les professeurs ne sont pas mal non plus, on retrouve : Famke Janssen, en professeur coincée, puis délurée par les extra-terrestres; Robert Patrick, en professeur de gym qui vous donne envie de courir(!); Salma Hayek, en infirmière experte en oreilles (vous verrez dans le film); et Piper Laurie (Carrie de De Palma).

 

The Faculty est donc un film à découvrir d'urgence, mélange détonnant de science-fiction et de suspense. A noter, la magnifique scène où la créature est suggérée par des ombres dans la scène finale du gymnase. Une superbe réussite visuelle...

HORS-CHAMP*

Plus qu'un teen movie d'horreur SF

 

The Faculty s’inscrit dans la tradition du teen movie horrifique mêlé de science-fiction paranoïaque. Réalisé par Robert Rodriguez et écrit par Kevin Williamson, le scénariste de Scream (1996), le film transpose les codes de l’invasion extraterrestre dans le décor familier d’un lycée américain. L’intrigue se déroule à Herrington High, un établissement banal où un groupe d’adolescents découvre peu à peu que leurs professeurs sont contrôlés par une forme de vie parasite venue d’ailleurs. Le film mélange alors science-fiction d’invasion, horreur corporelle et chronique adolescente, dans une veine ludique et référentielle.

Dès ses premières scènes, The Faculty revendique son héritage. Le scénario reprend le principe de la contamination progressive popularisé par L'Invasion des Profanateurs de Sépultures/Invasion of the Body Snatchers (1956) de Don Siegel et son remake de 1978 signé Philip Kaufman. Comme dans ces classiques de la science-fiction paranoïaque, la menace est invisible et insidieuse : les adultes, figures d’autorité, deviennent les instruments d’une force alien qui infiltre la société humaine. Le lycée se transforme alors en microcosme où se rejoue la grande peur de l’invasion extraterrestre. 

Les jeunes contre les vieux

 

Le film repose aussi sur une galerie d’adolescents typiques du cinéma américain des années 1990 : la nouvelle élève, le rebelle marginal, la pom-pom girl, le sportif ou encore le geek passionné de science-fiction. Parmi eux, on retrouve les tout jeunes Elijah Wood (Le Seigneur des anneaux ), Josh Hartnett (Pearl Harbor, La Chute du faucon noir, Sin City), Clea DuVall (Identity, Argo), Jordana Brewster (Fast and Furious) ou encore Usher. Face à eux, les adultes contaminés sont incarnés par une distribution savoureuse : Famke Janssen, Salma Hayek, Robert Patrick, célèbre pour son rôle dans Terminator 2: Le jugement dernier (1991) et qui rejoue ici un personnage poursuivant un adolescent dans un couloir, une référence directe à son rôle du T-1000). Cette opposition entre générations renforce la dimension paranoïaque.

Entre Cronenberg et Carpenter

 

Sur le plan visuel, The Faculty adopte un style énergique caractéristique du cinéma de Robert Rodriguez. Le réalisateur mêle humour noir, effets gore et créatures extraterrestres réalisées en grande partie grâce aux effets spéciaux numériques (de la fin des années 1990). L’influence de l’horreur corporelle chère à John Carpenter ou David Cronenberg se ressent dans plusieurs scènes où les corps se déforment et se transforment sous l’effet du parasite alien. Le climax, qui révèle la forme finale de la créature, renoue avec la tradition des monstres tentaculaires typiques de la science-fiction horrifique, on est pas loin de The Thing!

Un slasher SF de fin de siècle

 

Le scénario du film remonte au début des années 1990, lorsque David Wechter et Bruce Kimmel en écrivent une première version restée longtemps sans producteur. Le projet ne se concrétise qu’après le succès de Scream (1996), lorsque les producteurs de Miramax décident de relancer le projet. Ils confient alors la réécriture à Kevin Williamson (le futur réalisateur de plusieurs autres Scream), qui modernise les dialogues et les personnages. Initialement pressenti pour réaliser le film, Williamson se retire pour tourner Mrs. Tingle/Teaching Mrs. Tingle (1999), laissant finalement la mise en scène à Robert Rodriguez

Au-delà du divertissement, le film s’inscrit dans une tradition thématique de la science-fiction américaine : la peur de l’infiltration et de la perte de contrôle. Dans les années 1950, ces récits renvoyaient souvent aux angoisses de la guerre froide ; dans The Faculty, cette peur est transposée dans l’univers adolescent. Les figures d’autorité, professeurs, entraîneurs, parents, deviennent littéralement des agents d’un système qui cherche à uniformiser les individus. Le film exploite ainsi une métaphore classique du genre : l’alien comme symbole d’un pouvoir qui absorbe l’individualité. 

Fusion de genres

 

Le film sort en salles le 25 décembre 1998 aux Etats-Unis, il est distribué par Miramax Films via Dimension Films. En France, il faudra attendre le 2 Juin 1999, avec plus d'un 1,5 millions de spectateurs dans les salles. Le film rapporte 63,2 millions de dollars pour un budget de 15M$. The Faculty est accueilli comme un divertissement efficace, parfois considéré comme un cousin science-fiction du cycle des slashers adolescents relancé par Scream. Avec le temps, le film a acquis un statut culte auprès des amateurs de science-fiction horrifique, notamment pour sa capacité à fusionner plusieurs traditions du genre : l’invasion extraterrestre, l’horreur corporelle et la chronique lycéenne. Ce mélange d’influences et de références fait aujourd’hui de The Faculty un exemple représentatif de la science-fiction populaire de la fin du XXᵉ siècle, ludique, paranoïaque et profondément ancrée dans la culture pop.

Influences sur Sinners

 

L’influence du film a d'ailleurs dépassé sa génération : le réalisateur Ryan Coogler a ainsi cité The Faculty parmi les inspirations de Sinners (2025). Il expliquait apprécier "la façon dont Rodriguez a mélangé Invasion of the Body Snatchers et The Thing, tout en transposant l’histoire dans un lycée des années 1990".

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PHOTOS

 © Copyright Dimensions Films © 2012 Getty Images / Tous droits réservés.

AFFICHES


GENERIQUE

The Faculty (id.), 1998, Robert Rodriguez, Etats-Unis/Mexique.

Autres titres Les ensaignants (Canada/Québec), Aulas peligrosas (Mexique).

Son : DTS, Dolby Digital, SDDSFormat d'image : 1.85.

Réalisateur :  Robert Rodriguez. Durée : 1h44.

Productions Dimension Films présente, Los Hooligans Productions.

Distribution France : Bac Films.

Producteurs : Elizabeth Avellan, Robert Rodriguez.

Producteur délégué : Bill Scott

Producteurs associés : Tamara Smith.

Producteurs exécutifsBob Weinstein, Harvey Weinstein.

Scénario : Kevin Williamson d'après une histoire de David Wechter et Bruce Kimmel.

Directeur de la photographie : Enrique Chediak.

Direction artistique : Ed Vega.

Chef décorateur : Cary White.

Décorateur plateau : Jeanette Scott.

Effets visuels créature : Howard Berger, Robert Kurtzman, Greg Nicotero, Michael A. Pearce.

Effets spéciaux (sociétés)KNB EFX Group, (maquillage et effets créatures), Hybride Technologies (effets visuels digitaux), Threshold Digital Research Labs, Digiscope, Centropolis Effects, Cinema Production Services, Rhythm & Hues Studios, XFX Images.

Montage : Robert Rodriguez.

CastingAnne McCarthy, Mary Vernieu.

Musique : Marco Beltrami.

Costumes : Michael T. Boyd.

Interprètes : Jordana Brewster (Delilah), Clea DuVall (Stokely), Laura Harris (Marybeth), Josh Hartnett (Zeke), Shawn Hatosy (Stan), Salma Hayek (L'infirmière Harper), Famke Janssen (Miss Burke), Piper Laurie (Mme Olson), Christopher McDonald (le père de Casey), Bebe Neuwirth (La Principal Drake), Robert Patrick (Le coach sportif Willis), Usher (Gabe), Jon Stewart (Mr. Furlong), Daniel von Bargen (Mr. Tate), Elijah Wood (Casey)...

Date de sortie française : 16 Juin 1999.

Date de sortie Etats-Unis : 25 Décembre 1998.

Budget estimé : 15M$.



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TEST BLU-RAY/DVD

Dommage qu'il n'y ait pas eu de nouvelle sortie du film depuis l'édition Blu-Ray simple (BD-50) du 10 Janvier 2012 chez StudioCanal. 

L'image est en 1080p au format respecté 16/9 et ratio 1.85. L'audio disponible est en DTS HD 5.1 en 

Français, Anglais, Allemand 5.1, les sous-titres disponibles sont Français, Allemand et Anglais.

Pas de bonus sur cette édition.

 


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COMMENTAIRES

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VOS AVIS (4)

Paul Bruno****

Son site : YO-ZONE

 

C'est avec plaisir que l'on retrouve Robert Rodriguez ("Desperado", "Une nuit en enfer") à la réalisation de ce thriller de SF-horrifique, cocktail délirant et maîtrisé, s'inspirant des différentes versions de "L'invasions des profanateurs de sépultures" - ce que ne démentent pas les propos du film - saupoudré d'une pointe de "The Thing".

 

Kevin Williamson ("Scream", "Souviens-toi l'été dernier", "Halloween: 20 ans après"), qui signe le scénario, nous entraîne une fois de plus dans l'univers estudiantin, cher au slasher-movies, sur fond de musique rock et problèmes adolescents. Mais la comparaison s'arrête heureusement là, puisqu'il n'est aucunement question de tueur en série décimant la population du campus, mais de l'invasion sournoise, discrète et implacable d'une créature d'un autre monde qui prend, petit à petit, le contrôle d'un établissement scolaire en investissant les enveloppes des membres du corps professoral.

 

Une poignée d'adolescent, Casey (Elijah Wood) en tête, prend conscience des transformations opérées et, suivant les conseils de Stokely (Clea DuVall), experte en récits science-fictionnesques, décide d'essayer de stopper cette invasion d'un autre type.

 

Judicieuse collaboration entre Williamson, qui ne déroge pas à ses habitudes avec ce scénario auto-parodique, et Rodriguez, responsable également du montage, qui peuple son récit de clins d'oil humoristiques avant de le propulser vers quelques sommets d'angoisse.

 

Mêlant astucieusement une bande son de qualité, un casting composé de jeunes talents et d'acteurs confirmés (Piper Laurie, Famke Jansen, Robert Patrick, sans oublier l'éternelle Salma Hayek), il fait courir sa narration le long de l'intangible frontière séparant le cinéma du grand-guignol, ce qui ne peut que souligner la virtuosité de sa réalisation. Un bon moment de cinéma jubilatoire comme on en voit trop peu souvent.


Alicia

 

Ce film est tout d'abord spectaculaire. Ensuite, je dirais sensationnel et pour finir extraordinaire. Les acteurs jouent à la perfection, l'histoire qui parait au début un peu simplette se révèle être un vrai casse-tête et les effets spéciaux sont surprenants!!!

Sincèrement, ce film est génial, il fait froid dans le dos, il fait monter la température dans quelques scènes (attention, dans la limite du respectable quand même!), les acteurs sont tous géniaux...Malgré le fait que ce soit des jeunes assez stéréotypés ls nous transmettent à chacun un petit message!

Bravo à Shawn Hatosy, Clea Duvall et Elijah Wood en particulier! La B.O est aussi bien que le film! 


Lily SuperM****

 

Ce film est excellent du fait qu'il est différent des autres "films qui font peur pour ados" (style Scream).

Les personnages sont recherchés, je trouve qu'ils caractérisent bien les différentes personnalités que l'on peu trouver chez les jeunes (seul petit défaut, peut-être sont ils un peu trop caricaturés ? ...). Même si l'histoire parait, à première vue, niaise et sens le "déjà vu" le scénario est tourné de manière à ce que nous la trouvions unique en son genre (trop dur à expliquer, il faut voir le film pour ça).

La fin est aussi géniale, le fait que tout s'inverse de cette façon est une idée originale et brillante. Ce que je vais dire peut paraître idiot mais, le fait de voir les héros heureux rend le spectateur heureux aussi. Enfin pour terminer je dirais que les acteurs sont tous très convaincants (mention spéciale à Elijah Wood, Josh Artnett et Clea DuVall).


Guy Soucé*****

 

Meilleur film, meilleur acteur et actrice : Josh Hartnett, Cléa DuVall, Jordana Brewster, Elijah Wood et Shawn Hatosy. Meilleur Production : Bob et Harvey Weinstein. Meilleur scénario du siècle : Kevin Williamson et on le doit à Robert Rodriguez : El Mariachi suivi de Desperado, puis il signe le film culte d'horreur Une Nuit en Enfer, ainsi qu'un nouveau film Spy Kids.


*Le hors-champ est la partie de la scène qui n'apparaît pas dans un plan d'un film parce qu'elle n'est pas interceptée par le champ de l'optique de la caméra que ce champ soit invariable (plan fixe), ou variable (plan où la caméra effectue un mouvement (panoramique et/ou travelling) et/ou un zoom).