HIM (2025)


L'histoire

Cameron Cade, un quaterback prometteur qui a voué sa vie au football américain, est victime d'une agression à la veille du Combine, le rendez-vous annuel des recruteurs de football américain, lui causant un grave traumatisme crânien qui pourrait mettre fin à sa carrière...

Après sa convalescence, son idole, Isaiah White, l'invite à reprendre l'entraînement dans un lieu isolé. Derrière cette opportunité, Cam découvre un univers sombre où son admiration devient une menace.


L'AVIS DE SF-STORY**

POINTS POSITIFS ET NEGATIFS

+ Des idées visuelles audacieuses notamment par des effets visuels comme les séquences en "vision rayons X" et une esthétique forte qui traduisent l’aliénation et le "body horror" du sport professionnel.

- Une narration trop confuse !

La descente aux enfers

 

Avec G.O.A.T., désignant le Greatest Of All Time, soit le plus grand joueur de football de tous les temps, mais sorti en France sous le titre Him, le cinéma américain tentait un pari audacieux : fusionner le film sportif avec le thriller horrifique et psychologique.

Réalisé par Justin Tipping et produit par Jordan Peele (Get Out), le long métrage voulait s'inscrire dans cette veine de récits hybrides où le mythe de la réussite américaine est disséqué jusqu’à l’os. Dans HIM, le football américain, sport totem aux États-Unis, y devient un terrain d’expérimentation cauchemardesque, révélant la violence symbolique et physique d’un système obsédé par la performance et la transmission de la grandeur.

On suit Cameron Cade (Tyriq Withers), jeune quarterback promis à un avenir exceptionnel, dont la trajectoire bascule lorsqu’il est pris sous l’aile d’Isaiah White, légende vivante du football incarnée par un Marlon Wayans, ici étonnamment sombre. Isolé dans un complexe d’entraînement quasi sectaire niché au cœur du désert, le héros découvre un univers où la préparation sportive se confond avec des rituels inquiétants, des épreuves mentales et une logique de domination qui frôle l’ésotérisme. Peu à peu, HIM brouille les frontières entre mentorat et prédation, réussite et aliénation, jusqu’à transformer l’ascension sportive en descente aux enfers.

La mise en scène très -trop- stylisée, parfois hallucinatoire dans sa deuxième partie, détourne rapidement le film sportif vers l’horreur psychologique : on ne verra à aucun moment une scène de match de football américain ! Les corps sont filmés comme des machines à optimiser, traduisant une angoisse profonde liée à la perte d’identité et au sacrifice moral exigé par la quête de l'excellence. Cette approche baroque et visuellement marquante intrigue autant qu’elle maintient à distance, la forme (on a parfois l'impression d'être dans un clip) prenant constamment le pas sur l’émotion.

Sur le plan du récit, le film affiche des ambitions thématiques fortes : culte de la performance, mentorat toxique, illusion de la grandeur mais peine à les développer pleinement. Oscillant entre fable morale, thriller et dystopie à peine voilée, Him fascine par ses intentions tout en laissant une énorme impression d’inachèvement (on pourra visualiser la scène finale alternative en bonus du Blu-Ray mais cela ne suffira pas), donnant au final un film imparfait pas suffisamment révélateur des dérives du rêve de réussite à tout prix qu'il voulait dénoncer.

HORS-CHAMP*

Un accueil critique mitigé

 

Marlon Wayans a défendu le film lorsqu'il est sorti, répondant à certains critiques acerbes : "Certains films sont en avance sur leur temps. L'innovation n’est pas toujours bien accueillie et l’art est subjectif et sujet à interprétation". Fort de son expérience, Wayans souligne avoir "...déjà tourné des films cultes qui n’ont pas été bien reçus par la critique, et pourtant, ces films sont devenus des classiques".

La relation professeur/élève

 

De son côté, l'acteur Tyriq Withers a abordé son rôle par une préparation à la fois cinéphile et physique. Il s’est notamment plongé dans des œuvres traitant du perfectionnisme et de la pression extrême dans la relation professeur/élève, comme Black Swan (2010), avec Natalie Portman en ballerine poussée à ses limites, et Whiplash (2014), où J.K. Simmons incarne un professeur de musique tyrannique. Parallèlement, l’acteur s’est entraîné pendant deux mois avec Jordan Palmer, coach privé de quarterbacks ayant travaillé avec des figures de la NFL : "Je pense que c’était essentiel pour ce film, car il y a une certaine assurance, un certain rythme chez un joueur de football américain de la NFL qu’on ne peut pas feindre", explique l'acteur.

Préparation psychologique

 

Pour se préparer à son propre rôle, Marlon Wayans a quant à lui étudié des combats de l’Ultimate Fighting Championship et lu un ouvrage de Tim Grover, l'ancien entraîneur de Michael Jordan, afin de se mettre dans un état d’esprit compétitif et radical. Cette préparation a néanmoins fait émerger une forme de rivalité avec Withers, déjà dans une condition physique impressionnante dès le début du tournage. Une dynamique que Wayans a pleinement intégrée à son jeu : "J’aimais qu’il soit si imposant, car mentalement, cela me permettait d’explorer des aspects encore plus sombres", confie-t-il. "Cela me permettait de sombrer dans la jalousie.", un des moteurs émotionnel du film.

Inspiré du Joker

 

Marlon Wayans explique s’être inspiré de figures de méchants charismatiques qui assument pleinement leurs actes, citant notamment le Joker de Heath Ledger dans The Dark Knight. Selon lui, son personnage est avant tout mû par la peur, l’insécurité et la jalousie face au potentiel de Cade, perçu comme une future légende. Cette menace réveille chez Isaiah un refus viscéral de céder sa place. Wayans souligne que cette dynamique traverse tout le film, révélant à la fois la détermination et l’obsession nécessaires pour atteindre l’excellence, tout en rappelant une idée centrale : "la réussite n’a de sens que si elle ne se fait pas au prix de son humanité".

BANDE-ANNONCES

PHOTOS

© Universal Studios. - Tous droits réservés.

AFFICHES


GENERIQUE

HIM (G.O.A.T), 2025, Justin Tipping, États-Unis.

Son : 12-Pistes Digital Sound, DTS:X, IMAX 6-Pistes, Dolby Atmos.

Format d'image : 1.90 (séquence d'ouverture IMAX), 2.39.

Réalisateur : Justin Tipping. Durée : 1h36.

Productions : Monkeypaw Productions.

Distribution France : Universal Pictures International (UPI), ESCD (Blu-Ray/DVD).

Producteurs : Ian Cooper, Jordan Peele, Win Rosenfeld, Jamal M. Watson.

Co-producteurs : Kierke Panisnick.

Producteur exécutifs : Zack Akers, Skip Bronkie, David Kern, Kate Oh, Marsha L. Swinton (photographies additionnelles).

Producteurs associés : Ciera Dunbar, Daniel F. Larson. 

Scénario : 

Directeur de la photographie : Kira Kelly.

Direction artistique : Chikako Suzuki.

Chef décorateur : Jordan Ferrer.

Décorateur plateau : Kellie Jo Tinney.

Effets spéciaux (sociétés)Kosart Studios, Vincent Van Dyke Effects, Ingenuity Studios, Industrial Light & Magic (ILM), Phosphene, PowerHouse VFX, Lidar Guys, Clear Angle Studios.

Montage : Taylor Joy Mason.

Musique : The Haxan Cloak (Bobby Krlic).

Casting : Carmen Cuba.

Costumes : Dominique Dawson.

Maquillage : NC.

Interprètes : Marlon Wayans (Isaiah), Tyriq Withers (Cam), Julia Fox (Elsie), Tim Heidecker (Tom), Jim JeffeThe Haxan Cloakries (Marco), Maurice Greene (Malek/Fanatique cornu), Indira G. Wilson (Yvette), Geron McKinley (Drew), Heather Lynn Harris (Jasmine)...

Date de sortie française : 4 Février 2026 (sortie directement en Blu-Ray/DVD).

Date de sortie US19 septembre 2025.

Budget estimé : 27M$. Recettes mondiales : 27,8M$.



PLUS SUR HIM

BOUTIQUE SF-STORY en PARTENARIAT AVEC

TEST BLU-RAY/DVD

Extraits des menus du Blu-Ray - © Universal Studios. Tous droits réservés. 

Universal Pictures Home Entertainment sort deux éditions du film HIM (G.O.A.T) le 4 Février 2026 :

📀L'édition Blu-ray (avec deux visuels différents) 1 disque, l'édition que nous avons testée.

📀L'édition DVD.

A partir du menu fixe, accès au film, aux 20 chapitres, aux versions audio, sous-titres et aux bonus. Une conception similaire aux dernières éditions des productions Universal .

Une qualité d'image irréprochable en 1080p AVC au format 16/9, ration 2.39 à l'exception de la séquence d'ouverture en 1.90. Une définition parfaite quelques soient les scènes même celles en faible luminosité, aux noirs profonds et denses.

🎙️Pour l'audio, la version française, allemande, anglaise (US) en Descriptive Video Service (décrivant ce qui se passe à l'écran), le film en audiodescription.

Les sous-titres disponibles : anglais, français, allemand, néerlandais, danois, finnois, norvégien et suédois.

Extraits des bonus Devenir comme eux / Le tournage d'un film de sport / © Universal Studios. Tous droits réservés. 

Les bonus présents sur le Blu-Ray (en VO sous-titrée) :

- la fin alternative : "Le cauchemar de Zay" (2'13") : une scène alternative que nous divulgâcherons pas, proposant une fin plus optimiste (!)

- Scène post-générique coupée "Nourriture ou liberté" (1'07") : ou Jour VII Résurrection... avec un hommage au film Inception à peine dissimulé...

- Scènes coupées : 5 scènes supprimées au montage mais qui sont en fait des scènes étendues de scène existantes dans le film, Santé (1'13"), Ne sois pas une mascotte (6'06"), L'agent publicitaire (1'45"), Ligue Fantasy (1'36"), La découverte de Cam (2'37"). Dommage que les scènes Ne sois pas une mascotte et La découverte de Cam n'aient pas été intégrées au film, elles auraient apporté des liaisons plus fluides et davantage de compréhension à l'affrontement entre Cam et son mentor.

Extraits des bonus Devenir comme eux, Les hymnes d'un GOAT / © Universal Studios. -Tous droits réservés. 

- Devenir comme eux  (9'07") : l'équipe du film revient sur les intentions du film à la croisée des chemins entre le sport et l'horreur.

- Le tournage d'un film de sport (10'1O") les producteurs du film de Monkeypaw Productions. reviennent sur la genèse du film, sur les magnifiques décors créés par le chef décorateur Jordan Ferrer, sur la symbolique religieuse intégrée dans de nombreuses scènes, les effets spéciaux en caméra thermique (une réussite visuelle).

- Anatomie d'une scène : "Un jeu de passes diabolique" (4'25") : retour sur la scène sanglante et sa conception,

- Anatomie d'une scène : "Renaissance" (4'53") : ici on décortique le final du film et ses effets spéciaux sanglants,

- Les hymnes d'un GOAT (4'36") : la conception et l'enregistrement des musiques et des chants du film avec le compositeur Bobby Krlik alias The Haxan Cloak.

Commentaires audio du réalisateur et du co-scénariste Justin Tipping : une étude complète et approfondie, séquence par séquence, du récit et de ses personnages, en abordant les influences et les thématiques, le choix des acteurs et la qualité de leurs interprétations, ainsi que les décors, les lieux de tournage, la musique, la photographie, le montage, sans oublier les effets spéciaux et les cascades.


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*Le hors-champ est la partie de la scène qui n'apparaît pas dans un plan d'un film parce qu'elle n'est pas interceptée par le champ de l'optique de la caméra que ce champ soit invariable (plan fixe), ou variable (plan où la caméra effectue un mouvement (panoramique et/ou travelling) et/ou un zoom).