BUGONIA (2025)


L'histoire

Deux jeunes hommes obsédés par la conspiration kidnappent la PDG d'une grande entreprise, convaincus qu'elle est un extraterrestre qui a l'intention de détruire la planète Terre.


L'AVIS DE SF-STORY*****

POINTS POSITIFS ET NEGATIFS

+ Bugonia réunit pour la cinquième fois le réalisateur Yorgos Lanthimos et l'actrice Emma Stone dans une comédie noire paranoïaque et impitoyablement efficace. Indéniablement, un futur classique du cinéma de SF!

 

Aliens, abeilles et paranoïa contemporaine

 

Avec Bugonia, Yorgos Lanthimos signe l’un de ses films les plus maîtrisés et les plus puissants, renouant avec la veine fantastique et paranoïaque qu’il avait déjà effleurée dans Mise à mort du cerf sacré (2017) et l’étrangeté conceptuelle de The Lobster (2015). Remake libre mais très inspiré du film coréen Save the Green Planet! (2003) de Joon-Hwan Jang, Bugonia transpose le matériau original dans un vertige sensoriel et politique qui lui est propre, doublé d’une réflexion acérée sur la vérité, les croyances et la fin du monde.

Le point de départ est simple et foudroyant : deux marginaux — Don (Jesse Plemons) et Teddy (Aidan Delbis) — persuadés qu’une invasion extraterrestre est imminente, kidnappent la PDG d’un empire agrochimique, Michelle Fuller, interprétée par Emma Stone. À la tête de la tentaculaire multinationale, responsable de pesticides accusés de décimer les abeilles, elle incarne une froideur de marbre, mélange de pouvoir, d’arrogance et d’ambiguïté — un rôle taillé pour celle qui devient clairement l’actrice fétiche de Lanthimos. Le trio improbable se retrouve enfermé dans leur maison isolée, où la vérité, la folie, les mensonges et la terreur se mélangent dans un huis clos, au cœur du film, d’une tension progressivement suffocante.

Jesse Plemons, déjà impressionnant dans Civil War (2024), apporte ici une complexité fascinante à son personnage : fragile, convaincu, terriblement humain. A ses côtés, la révélation Aidan Delbis, son cousin dans le film, quasi mutique, compose un rôle hypnotique : un visage fermé, un corps crispé, et surtout un jeu de regards d’une intensité rare.  

Lanthimos filme tout cela avec sa rigueur plastique habituelle aux cadrages impeccables, le tout porté par la musique élégiaque de Jerskin Fendrix. L’ouverture et la conclusion après le twist final, des plans abeilles qui butinent la flore mellifère, viennent donner au film un souffle quasi cosmique, rappelant que l’histoire humaine n’est qu’une minuscule vibration dans le grand ordre du vivant.

Il y a beaucoup de thèmes très contemporains au cœur de ce récit : la destruction de la nature par l’activité humaine, celle des abeilles à cause des pesticides, la peur d’un monde qui se dérègle, la manière dont les réseaux sociaux, les théories du complot et les fake news réécrivent la réalité.

Lanthimos multiplie les clins d’œil : un gag visuel sur les théories "platistes", par exemple, aussi drôle que glaçant, tant il résonne avec notre époque saturée de certitudes absurdes. À mesure que l’intrigue progresse, le film glisse de l’écoterrorisme radical vers une paranoïa extraterrestre dévorante — “Nous ne sommes pas seuls”, affichent les ravisseurs dans leur cuisine, comme un écho direct au “La vérité est ailleurs” qui hantait X-Files.

Mais Bugonia n’est pas qu'un film à thèse : c’est aussi un film sur la douleur, sur deux êtres brisés par leur passé. dont les croyances extrêmes deviennent le seul moyen de survivre à un monde qu’ils ne comprennent plus. Deux images de l'Amérique s'opposent, la maison délabrée (où les deux laissés pour compte font de la gym en dilettante) en opposition avec la villa cossue (où la PDG prend un cours avec son coach sportif). Et lorsque Lanthimos déploie son formidable twist final (que nous ne dévoilerons évidemment pas), c’est tout le film qui se retourne comme une ruche qu’on renverse, révélant la complexité inattendue de son regard sur l’humanité.

Superbement joué, brillamment mis en scène, d’une intelligence thématique rare, Bugonia est l’un des films les plus dérangeants, drôles, effrayants et nécessaires de l’année — un grand film de science-fiction paranoïaque, bref : du Lanthimos à son sommet, en symbiose parfaite avec une Emma Stone impériale !

HORS-CHAMP*

En duo

 

Bugonia réunit pour la cinquième fois le réalisateur Yorgos Lanthimos et l'actrice Emma Stone après La Favorite (2018) , le court métrage Vlihi (2022), Pauvres Creatures (2023) et Kinds of Kindness (2024). Dans ce nouveau film sombre et dérangeant, deux complotistes, incarnés par Jesse Plemons et Aidan Delbis, kidnappent une PDG, persuadés qu’elle est une extraterrestre prête à détruire la Terre.

Le film explore la paranoïa contemporaine avec une tension satirique et une mise en scène typique du style de Lanthimos.

Quelle est la frontière entre folie et lucidité ? Nouvelle fable moderne, Bugonia met l'accent sur la paranoïa contemporaine, les théories du complot, la méfiance envers les puissants et la fragilité de la vérité.

C'est le remake en anglais du film sud-coréen Jigureul Jikyeora!/Save the Green Planet! (2003) de Jang Joon-hwan.

Tournage

 

Le développement du projet Bugonia remonte à 2020, avec Jang Joon-hwan initialement attaché à la réalisation. Partant du film originel, le scénario a été adapté par Will Tracy. En raison de retards pour raisons de santé qui ont empêché la poursuite de la participation de Jang Joon-hwan, la société de production CJ Entertainment, séduite par la vision de Lanthimos lui confie la réalisation en Février 2024. Emma Stone rejoint le projet en tant qu’actrice principale et productrice. 

Le film est produit via une coproduction internationale (Irlande, Corée du Sud, États-Unis). 

Le tournage principal débute en juillet 2024 en Angleterre à High Wycombe, avec d'autres scènes filmées à Henley-on-Thames, ainsi que des prises de vue de l’intérieur pour le bureau et la maison de la PDG à Ditton Park et Oxshott. Certaines scènes en studio et en intérieur ont été tournées à Atlanta, lieu privilégié pour intégrer les effets visuels les plus importants.

Yorgos Lanthimos souhaitait initialement conclure le film avec une séquence tournée à l’Acropole, mais le Conseil Archéologique Central grec a refusé la demande, jugeant la scène avec 70 cadavres disposés entre les Propylées et le Parthénon incompatible avec les valeurs du site. La production s’est donc repliée sur la plage de Sarakiniko, sur l'île de Milos, où s’est déroulée une des scènes finales en mai 2025.  

En Vistavision

 

Le film est tourné avec un négatif 35 mm VistaVision, une technologie chère au réalisateur et au format initial mais rare de 1.50. Un procédé qui revient à la mode puisque les récents The Brutalist (2024) de Brady Corbet et Une bataille après l'autre (2025) de Paul Thomas Anderson utilisent ce procédé.

Bugonia sera la quatrième collaboration entre le réalisateur et le directeur de la photographie irlandais Robbie Ryan. Le chef décorateur James Price (Speak No Evil) collabore aussi avec le réalisateur pour la deuxième fois après sa victoire aux Oscars pour les décors de Pauvres Créatures (2023), partagée avec sa collègue conceptrice de production Shona Heath.

Bugonia est présenté en Première mondiale en compétition officielle lors de la Mostra de Venise, le 28 août 2025 mais n'a malheureusement pas obtenu de prix.

Jerskin Fendrix sans partition

 

C'est la troisième collaboration entre le réalisateur Yorgos Lanthimos et le compositeur Jerskin Fendrix après Pauvres Créatures (2023) et Kinds of Kindness (2024). Pour les deux premiers films, Fendrix a lu les scénarios sans visionner aucune séquence. Encore plus aveugle pour Bugonia, Lanthimos ne lui a pas fourni le scénario, ne lui laissant que quatre mots clés pour travailler, sans les révéler à la presse.

BANDE-ANNONCES

PHOTOS

© Focus Features - Tous droits réservés.

AFFICHES


GENERIQUE

Bugonia (id.), 2025, Yorgos Lanthimos, Irlande/Canada/Corée du Sud/États-Unis/Royaume-Uni.

Autre titre : NC.

Son : Dolby Digital. Format d'image : 1.50. Négatif 35mm Kodak.

Réalisateur : Yorgos Lanthimos. Durée : 2h.

Productions : Focus Features, Fremantle, Element Pictures, Square Peg, CJ ENM, Pith Quest Films, Fruit Tree.

Distribution France : Universal Pictures France.

Producteurs : Ari Aster, Ed Guiney, Lars Knudsen, Yorgos Lanthimos, Miky Lee, Andrew Lowe, Emma Stone.

Co-producteurs : Will Greenfield, Kasia Malipan.

Producteur exécutifs : Jerry Kyoungboum Ko, Khan Kwon,

Producteurs co-exécutifs : Shawn Goehl.

Producteurs associés : NC.

Scénario : Will Tracy, d'après le film de Jang Joon-hwan.

Directeur de la photographie : Robbie Ryan.

Direction artistique : Adam A. Makin (superviseur).

Chef décorateur : James Price.

Décorateur plateau : Prue Howard.

Effets spéciaux (sociétés) : Millennium FX (prothèses).

Montage : Yorgos Mavropsaridis.

Musique : Jerskin Fendrix.

Casting : Jennifer Venditti.

Costumes : Jennifer Johnson.

Maquillage : Millennium FX (société).

Interprètes : Emma Stone (Michelle), Jesse Plemons (Teddy), Alicia Silverstone (Sandy), Stavros Halkias (Casey), Aidan Delbis (Don), Parvinder Shergill (Docteur), Vanessa Eng (Corey), Momma Cherri (Tina), Roger Carvalho (Le jeune détective), Cedric Dumornay (Chris), Marc T. Lewis (Tony), Yaisa

(Aurora Sumner), J. Carmen Galindez Barrera (Ricky), Teneisha Ellis (Detective)...

Date de sortie française : 26 Novembre 2025.

Date de sortie US : 31 Octobre 2025.

Budget estimé : NC.



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Visuel provisoire

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📀 Le 4K Ultra HD + Blu-ray - Boîtier SteelBook édition limitée du film est déjà en pré-vente sur Amazon pour une sortie prévue le 26 Mars 2026.

 


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