Dans le cœur de l'Amérique des années 50, en pleine guerre froide entre les Etats-Unis ultra conformistes et les Russes communistes, un jeune enfant de 9 ans, Hogart Hughes rêve plus aux récits de science-fiction qu'aux menaces de guerre qui envahissent l'écran de télévision. Durant ses ballades nocturnes, il rencontrera un étrange robot géant de fer, avec lequel il va lier une grande d'amitié. Mais le secret de Hogarth sera bien vite découvert et ce secret va ébranler la bonne conscience des habitants de la petite ville toute proche et réveiller tous les démons cachés de ses habitants...
POINTS POSITIFS ET NEGATIFS
+ Le Géant de fer (1999) est visuellement remarquable : mise en scène subtile, musique mélancolique et usage maîtrisé des techniques traditionnelles et numériques, installent une atmosphère poétique et inquiétante.
- Le graphisme 2D peut paraître vintage !
Un message profondément humaniste
Film d’animation américain, Le Géant de fer (1999) s’impose avant tout comme une réussite visuelle majeure, mêlant harmonieusement animation traditionnelle sur celluloïds et images de synthèse. Loin du spectaculaire démonstratif propre à certaines productions Disney, Brad Bird, ancien consultant exécutif sur Les Simpson, privilégie une mise en scène plus subtile, fondée sur des cadrages atypiques, un travail précis du hors-champ, ainsi que sur la musique mélancolique de Michael Kamen et des bruitages évocateurs. Il se dégage de l’ensemble une atmosphère à la fois poétique et inquiétante, qui plonge le spectateur au cœur des peurs ressenties par les personnages, dans une Amérique des années 1950 minée par l’angoisse de la guerre nucléaire et la confrontation avec le bloc de l’Est.
Bien plus qu’un simple film pour enfants, accessible dès 6 ou 7 ans, Le Géant de fer constitue un véritable hommage au cinéma de science-fiction des années 50, reprenant notamment la portée humaniste du film Le Jour où la Terre s’arrêta (Robert Wise). Le film se distingue d'autres productions destinées à un jeune public par un renversement essentiel : c’est l’enfant qui devient le guide moral, apprenant au Géant la valeur de la vie, la différence entre le bien et le mal, et la responsabilité liée au pouvoir. Arme par nature, le Géant doit lutter contre ce qu’il est, faisant du film une réflexion toujours actuelle sur la violence, le contrôle des armes et, plus profondément, sur les choix que nous faisons dans nos relations avec les autres. Le Géant apprend progressivement à imiter les comportements humains, passant de "créature agressive" à ami, puis à héros... C'est donc tour à tour un film d’aventures, un récit initiatique et une œuvre aux accents presque adultes par son ton parfois sombre, parvenant à conserver une remarquable cohérence narrative et thématique. Son message profondément humaniste, fondé sur le refus de la violence et la capacité à choisir qui l’on veut être, n’a rien perdu de sa force et résonne avec encore plus d’acuité plus de vingt-cinq ans après sa sortie.
Une fable née de drames intimes
L’origine du Géant de fer est profondément personnelle. Brad Bird a conçu le film à partir d’un traumatisme familial : la mort de sa sœur Susan, tuée par balles par son mari. De cette tragédie naît une idée fondatrice, simple et vertigineuse : "Et si une arme avait une âme et refusait d’être une arme ?". Cette question irrigue tout le film. Bird s’inspire également du roman L’Homme de fer de Ted Hughes, écrit pour réconforter ses enfants après le suicide de leur mère Sylvia Plath. Le choix du nom de famille Hughes pour Hogarth et sa mère constitue un hommage explicite à l’auteur, à qui le film est d’ailleurs dédié.
Pari risqué pour la Warner
Développé à partir d’un synopsis d’une douzaine de pages, le film est produit rapidement dans un contexte budgétaire contraint, notamment après l’échec du précédent dessin animé Excalibur, l'épée magique (1998). Initialement pensé comme une comédie musicale par Pete Townshend (The Who), le projet est réorienté vers le long métrage d’animation, Townshend conservant un rôle de producteur. Le Géant de fer devient le premier long métrage réalisé par Brad Bird, et le premier film d’animation de Warner Bros. présenté en format large 2.35, un choix audacieux qui suscite des tensions avec le studio mais renforce l’ampleur cinématographique du récit.
Entre animation traditionnelle et modernité
Le film marque une avancée technique majeure : c’est le premier long métrage d’animation traditionnelle dont le personnage principal est entièrement en images de synthèse. Pour intégrer harmonieusement le Géant en images de synthèse dans un décor dessiné à la main, les animateurs ont volontairement ajouté un "tremblement" aux lignes de son corps, afin de reproduire les imperfections naturelles du dessin traditionnel. Pour les arbres et les buissons, ce sont des dessins fixes qui ont été modifiés par le logiciel Elastic Reality qui les déforme et les métamorphose, donnant ainsi l'impression qu'ils sont en mouvement et réalistes. Plus généralement, l'esthétique du film s’inspire d'ailleurs des tableaux d’Edward Hopper, des illustrations de Norman Rockwell ou de l'artiste N.C. Wyeth, tandis que l’animation revendique l’héritage plus cartoon de Chuck Jones et des grands animateurs Disney. La musique de Michael Kamen également joue un rôle clé, naviguant avec délicatesse entre gravité, mélancolie et douceur, afin de préserver l’équilibre émotionnel du récit.
Clins d'œil sur la science-fiction
Le Géant de fer regorge d’anecdotes qui témoignent de l’amour profond de Brad Bird pour la science-fiction classique et la culture populaire des années 1950. Dès le plan d’ouverture, le film inscrit son récit dans la paranoïa de la Guerre froide avec l’apparition de Spoutnik, premier satellite artificiel lancé en octobre 1957. Visible à plusieurs reprises dans le ciel, parfois de façon presque subliminale. Spoutnik devient un symbole omniprésent de la peur de l’inconnu et du progrès technologique incontrôlé. Les bips électroniques qui ouvrent et ferment le film sont d’ailleurs ceux du satellite.
Le design du Géant puise directement dans l’imaginaire SF des années 1950. Ses tentacules déployés en mode combat rendent un hommage appuyé à La Guerre des mondes (1953), tandis que sa révélation en tant qu’arme ultime évoque les récits anxiogènes de robots destructeurs typiques de l’âge atomique. À l’inverse, son évolution progressive vers une figure empathique détourne ces codes pour proposer une relecture pacifiste du mythe du robot géant.
Les références aux comics de science-fiction et de super-héros sont omniprésentes. Hogarth lit Action Comics n°188 (1954), expose des numéros de The Spirit et affiche Planète interdite (1956) sur les murs de sa chambre. La fascination du Géant pour Superman n’est pas anodine : elle cristallise le message central du film : "tu es ce que tu choisis d’être", et inscrit le récit dans une filiation directe avec les mythes fondateurs du héros américain.
Brad Bird multiplie également les hommages à l’animation et au cinéma de genre. Le thème musical entendu lorsque Hogarth montre ses comics reprend celui des cartoons Superman de Max Fleischer des années 1940. Pour marquer la filiation avec l'animation traditionnelle et en hommage aux animateurs Frank Thomas et Ollie Johnston, figures légendaires de Disney, ils apparaissent sous forme de caricatures et prêtent leurs voix à deux cheminots passionnés de trains, clin d’œil à leur amour réel pour le modélisme ferroviaire.
Un succès à posteriori
Malgré un accueil critique unanimement enthousiaste à sa sortie, Le Géant de fer est un échec commercial, ne rapportant qu'un peu plus de 23 millions de dollars pour un budget estimé à 48 millions. Une campagne marketing tardive et une sortie simultanée avec le film Sixième Sens contribuent à cet insuccès. Warner Bros. minimise alors la portée du film, mais celui-ci connaît une seconde vie grâce aux sorties vidéo, aux éditions restaurées. Une version "Signature Edition" sortira en édition collector Blu-ray et DVD avec figurine en France le 8 février 2017, elle comporte des scènes supplémentaires, soit 4 minutes de film en plus.
Le géant de fer dans Ready Player One
Le film a dialogué avec la SF contemporaine jusque dans des prolongements inattendus. Steven Spielberg a convoqué le robot dans Ready Player One (2018), suscitant un vif débat chez les fans, tant elle contredit le message pacifiste du film original. Preuve que, plus de vingt ans après sa sortie, Le Géant de fer demeure une œuvre fondatrice, dont les références, les symboles et les choix artistiques continuent d’alimenter la réflexion autour de la science-fiction humaniste.
© 1996-98 AccuSoft Inc. / © 2010 Warner Bros. Ent. - Tous droits réservés.
Le Géant de Fer (The Iron Giant), 1999, Brad
Bird, États-Unis.
Son : Dolby Digital, DTS(Digital DTS Sound), SDDS, DTS, Dolby. Format d'image : 2.20 (70 mm), 2.39.
Réalisateur : Brad Bird. Durée : 1h26, 1h30 pour la Signature Edition.
Productions : Warner Bros présente Warner Bros. Animation.
Distribution France : Warner Bros.
Producteurs : Allison Abbate, Des McAnuff.
Producteur exécutif : Pete Townshend.
Producteur associé : John Walker.
Scénario : Tim McCanlies, d'après une histoire de Brad Bird basée sur le livre "The Iron Man" de Ted Hughes.
Directeur de la photographie : Steven Wilzbach.
Direction artistique : Alan Bodner.
Chef décorateur : Mark Whiting.
Décorateur plateau : NC.
Effets spéciaux (sociétés) :
Montage : Darren T. Holmes.
Casting : Marci Liroff.
Musique : Michael Kamen.
Costumes : NC.
Interprètes (voix dans la VO/VF) : Vin Diesel/Bruno Devoldère (le Géant de Fer), Jennifer Aniston/Dorothée Jemma (Annie Hughes), Eli Marienthal/Paul Nivet (Hogarth Hughes), Harry Connick Jr./Philippe Vincent (Dean McCoppin), Christopher McDonald/Pierre-François Pistorio (Kent Mansley), John Mahoney/Jean-Michel Farcy (le Général Rogard), Nicole Evans (Mme Irma Tensedge), Claude Chantal (Charlotte Cornichon), Pierre Baton (Floyd), Jean-Claude Sachot (Marv), Bernard Lanneau (l'homme à lunette du film que regarde Hogarth Hughes/l'homme à la radio du début du film), Samuel Le Bihan (Garde présidentielle), M. Emmet Walsh/Bernard Alane (Soldat au Nautilus), Marc Alfos (Patron 1), Frédéric Cerdal (Patron 2), Jean-Philippe Puymartin (Patron 3), Edgar Givry (Patron 4)...
Date de sortie française : 8 décembre 1999.
Date de sortie US : 6 août 1999
Budget estimé : 48M$
Recettes mondiales : 23M$
Le contenu de la Signature Edition Collector limitée - Blu-ray + DVD + Figurine / Tous droits réservés
Pour célébrer ses 18 ans en 2017, Warner Bros. Entertainment France offrait enfin une édition vidéo à la hauteur de son statut culte : une sortie HD soignée, déclinée en coffret collector limité. Élégant mais délicat, le coffret en carton fin renferme un Blu-ray et un DVD proposant à la fois la Signature Edition remastérisée et le montage original, cinq superbes cartes collector signées Mondo, une petite figurine du Géant, ainsi qu’une lettre de Brad Bird traduite en français, dans laquelle le réalisateur rend hommage à tous ceux qui ont vu, défendu et transmis l’amour du Géant de fer.
Contenu du Coffret collector édition limitée :
📀 le Blu-ray du film en version 1999 (86’39”) et version Signature Edition 2015 (89’58)
📀 le DVD du film
- la figurine collector du Géant de fer (hauteur 11 cm)
- une lettre du réalisateur Brad Bird
- 5 Art Cards Mondo inspirées par le film (dimensions 11,3 x 15,8 cm).
Les bonus sur le blu-ray :
- " Le rêve du géant" : un making of rétrospectif inédit (2016 - HD - 55’47” - VOST)
- Commentaire audio de Brad Bird sur les deux scènes supplémentaires de la version Signature (2016 - VO non sous-titrée)
- Commentaire audio de Brad Bird, Tony Fucile (responsable de l'animation), Jeff Lynch (chef dep. histoires) et Steven Markowski (superviseur de l'animation) sur la version 1999 (2003 - VO sans sous-titres)
- 6 scènes coupées présentées par Brad Bird (2003 - VOST - 15’16”) : la scène d’ouverture originale, le feu de camp, la course, fatigué au petit-déjeuner, présentation de Hogarth et Annie
la classe
- The X-Factor : un regard sur le personnage de Teddy Newton, storyboarder (2003 - 5’38” - VOST)
- La séquence plonge et couvre-toi (2003 - 2’23” - VOST)
- Les voix du Géant de fer : 5 vidéos sur le doublage du film (2003 - 8’16” - VOST)
- La musique : 3 courtes vidéos (2003 - 4’49” - VOST)
- Derrière l’armure : 6 documents sur les coulisses (2003 - 17’31” - VOST)
- La bande dessinée en mouvement (2003 - diaporama - 4’22”)
- Bande-annonce de Brad Bird (2003 - 1’29” - VO sans ST)
- Bande-annonce de l’édition Signature (2016 - 2’32” - VOST)
- Le making of du Géant de fer (1999 - 22’05” - VOST)
- Bonus cachés (2003 - 1’48” - VOST)
- Les mines de sel : redécouverte des archives du film (2016 - 7’06” - VOST)
- Dessiné à la main (2016 - 1’40”)
Quelques exemplaires de ce coffret culte sont encore disponibles sur Amazon !
Bruno Bourdon*****
Deuxième projection de ce film magnifique, et l'occasion de le montrer a une amie. Jamais vu un dessin animé aussi émouvant et "adulte". La meilleure des critiques est sans aucun doute la grosse larme que ce géant nous fait couler. Animation traditionnelle mais non moins extraordinaire de fluidité.
Tous les ingrédients y sont réunis pour nous faire passer un moment inoubliable. Tout simplement. Ce film est un véritable joyaux. Un seul regret: que le public soit passé à coté d'une telle réussite. Il mérite largement une deuxième chance. On a le droit de rêver, non?
Riico*****
Le Géant de Fer fait partie de ces œuvres qui planent haut, très haut des productions d'animations actuelles...
Ce formidable conte, pour petits et grands enfants, est la preuve que le génie de la réalisation (Brad Bird auteur de plusieurs épisodes des Simpsons) peut habiter des celluloïdes...
Pirouette technique impressionnante (qui saurait que le géant est entièrement réalisé en numérique ?), couleur chatoyante, le film ne se repose pas que sur ces qualités plastique... En effet, l'histoire magique, le rythme de la mise en scène, l'humour présent à chaque minute ainsi qu'une poésie fond du Géant de Fer l'une des références dans le monde de l'animation...
Oubliant tous les défauts des films de Disney (Chansons niaises, personnages inutiles, histoire simpliste), Le Géant de fer est un chef d'œuvre que je recommande à tous !
Kriss*****
Humour, tendresse, choix, aventure, innocence... de grands thèmes mis en scènes avec talent dans un film bluffant (Disney a du souci à se faire).
Dire que j'ai adoré est bien en dessous de la réalité ! Certaines références ne seront pas accessibles aux enfants, de surcroit français, (la peur du nucléaire années 50-60 aux US), mais raviront les adultes car retranscrits de manière habile.
Néanmoins cela ne perturbera pas la lecture de l'histoire, riche et intense. Un GRAND dessin animé, pour tous les âges.
Régis*****
Un robot géant venu d'on ne sait où débarque dans l'amérique des années 50, à l'heure où tout le monde pense qu'une bombe A va se planter sur leur tête. Hogart, gosse de 10 à 12 ans, vivant seul avec sa mère, serveuse dans un bar, va rencontré la chose. Et ils deviennent potes!!!
L'histoire est peut-être simple, mais le scénario drôle et émouvant ne peut laisser personne indifférent.
Ce film est tout public, alors allez tous le voir.
Eric 76*****
Je n'avais jamais entendu parler de ce joyau et après l'avoir vu plusieurs fois en compagnie de mon fils, je ne comprends toujours pas pourquoi sa sortie fut si discrète.
J'ai beaucoup aimé le style du graphisme qui change des rondeurs calibrées des Disney car cela donne un style si particulier à cette œuvre. Science-fiction, action, humour, amitié, sociologie et politique mêlés avec bonheur, finesse et sans mièvrerie font de ce trésor d'animation un vrai film qui touchera petits et grands.
J'ai apprécié la critique d'une certaine Amérique dingue des armes et paranoïaque dans sa peur des autres. Mais cela n'a pas changé depuis, hélas.
*Le hors-champ est la partie de la scène qui n'apparaît pas dans un plan d'un film parce qu'elle n'est pas interceptée par le champ de l'optique de la caméra que ce champ soit invariable (plan fixe), ou variable (plan où la caméra effectue un mouvement (panoramique et/ou travelling) et/ou un zoom).
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