Le parcours d'un homme ordinaire partageant sa vie entre son entreprise de construction navale et sa famille. Confronté à un étrange phénomène météorologique inexpliqué à l'occasion d'une sortie en mer, il se met à rétrécir inexorablement, sans que la science ne puisse l'expliquer. Soudain prisonnier de sa propre cave, alors qu'il ne mesure plus que quelques centimètres, il va devoir se battre pour survivre dans cet environnement banal devenu hostile.
POINTS POSITIFS ET NEGATIFS
+ Le remake français d'un classique du cinéma de science-fiction par Jan Kounen.
- A la hauteur du film original de Jack Arnold sorti en 1957 ?
Remake du classique américain L'homme qui rétrécit/The Incredible Shrinking Man de Jack Arnold (1957), le film de Jan Kounen, L’Homme qui rétrécit version 2025, porté par un Jean Dujardin, également producteur et très investi, apparaît comme un projet aussi audacieux qu’inattendu dans le paysage du cinéma français. Kounen, habitué aux univers singuliers — de Dobermann à Blueberry, en passant par 99 francs et Enter the Void qu’il a produit — entretient depuis longtemps une relation très libre avec la science-fiction, qu’il aborde toujours par l’expérimentation visuelle. On pouvait donc espérer que cette relecture SF des années 50 se transforme en terrain de jeu idéal pour sa mise en scène sensorielle.
Le pitch reste fidèle à l’original : Paul (Jean Dujardin), un homme ordinaire vivant dans une maison en bord de mer avec sa femme Élise (Marie-Josée Croze), se retrouve victime d’un phénomène inexplicable qui le fait rétrécir jour après jour. Kounen installe rapidement la dynamique familiale qui se délite au fur et à mesure que Michel perd ses repères, mais aussi son statut, son autorité et son identité. Une idée forte, qui résonne comme une métaphore évidente de la maladie, du temps qui dévore le corps, et de la lente approche de la mort.
Visuellement, le réalisateur réussit quelques paris. Le choix d’une maison en bord de mer offre un décor lumineux et atypique, même si certains éléments interrogent : la cave — terrain central du récit — paraît étrangement propre, presque clinique, ce qui atténue l’impression de menace ou de poussière accumulée que la situation réclamerait. Même perplexité face à l’aquarium, que le scénario utilise comme un levier narratif bien artificiel. Heureusement, Kounen compense avec des accessoires ingénieux, comme la maison de poupée ou le soldat de plomb, qui permettent de matérialiser très concrètement la perte d’échelle du protagoniste.
Les effets spéciaux, mélange de technologies modernes et d’astuces à l’ancienne, constituent l’une des réussites du film : la scène avec le chat, magnifiquement chorégraphiée, ou la confrontation avec les araignées — clin d’œil évident à Arnold, hommage assumé dans le générique — montrent que le réalisateur maîtrise le genre et sait rendre crédible un univers où chaque objet devient une montagne. Jean Dujardin porte littéralement le film, y mettant une intensité physique et émotionnelle impressionnante.
Malgré ces qualités, L’Homme qui rétrécit laisse une impression d’inachevé. On regrette que Kounen n’aille pas plus loin dans l’exploration de l’infiniment petit, zone pourtant fertile pour un cinéaste aussi visuel. La fidélité presque trop respectueuse au film de 1957 pose aussi question : pourquoi refaire une histoire déjà si bien connue, au lieu de la réinventer pleinement ? Le public français ne s’y est d’ailleurs pas trompé, l’accueil en salles restant très discret — preuve que le pari de dépoussiérer une SF rétro n’a pas rencontré l’enthousiasme espéré.
L’Homme qui rétrécit demeure un objet cinématographique atypique, courageux et souvent fascinant, mais jamais totalement abouti. Une œuvre qui hésite entre hommage, relecture et modernisation, et qui ne trouve pas toujours le point d’équilibre. Reste une tentative rare dans notre cinéma : celle de convoquer la SF classique pour interroger la finitude humaine, même si le résultat manque parfois de la folie et de la profondeur que promettait son ambitieux point de départ.
Modèle réduit
L’homme qui rétrécit, nouvelle adaptation du roman éponyme de Richard Matheson, nous entraine dans le sillage de Paul, un homme ordinaire, qui partage sa vie entre son entreprise de construction navale, sa femme Elise, et leur fille Mia. Lors d’une sortie en mer, Paul se retrouve confronté à un étrange phénomène météorologique inexpliqué. Dès lors, Paul rétrécit inexorablement, sans que la science ne puisse lui expliquer pourquoi ni lui être d’aucun secours. Quand, par accident, il se retrouve prisonnier dans sa propre cave, et alors qu’il ne mesure plus que quelques centimètres, il va devoir se battre pour survivre dans cet environnement banal devenu périlleux. Lors de cette expérience, Paul va se retrouver confronté à lui-même, à son humanité, et tentera de répondre aux grandes interrogations de l’existence.
Le monde est petit
Annoncé à la fois comme un récit initiatique et un grand film d’aventure, L'homme qui rétrécit est réalisé par Jan Kounen, avec Jean Dujardin dans le rôle principal. Le film marque les retrouvailles entre Jean Dujardin et Jan Kounen, près de vingt ans après leur collaboration sur l'adaptation d'un autre roman "99 francs" de Frédéric Beigbeder. C'est la seconde fois que l'acteur rétrécit pour les besoins d'un film après la comédie romantique de Un Homme à la hauteur de Laurent Tirard, en 2016.
Une première image du film a été dévoilée par Jean Dujardin : l'acteur passera pour ce rôle de la taille d'un mètre 82 à moins d'un centimètre !
Budget et ingéniosité
L'Homme qui rétrécit version 2025 s'annonce comme l'un des films les plus attendus de l'année, offrant une nouvelle interprétation moderne du roman culte de Richard Matheson. Le film annonce une expérience immersive, combinant des effets spéciaux impressionnants et une mise en scène saisissante.
Le tournage du film s'est déroulé de mai à juillet 2024. Le film est actuellement en post-production.
Pour le magazine Première, le réalisateur Jan Kounen a déclaré : : "C’est un film d’aventures et un drame métaphysique. Ça parlera de survie, mais aussi de la résilience, de l’acceptation et de l’impermanence des choses. C’est un voyage initiatique. Plusieurs metteurs en scène américains ont essayé d’adapter à nouveau ce récit mais à chaque fois ça a capoté, à mon avis parce que l’étrangeté et la dimension dramatique du projet ne collaient pas avec ce que ça impliquait en termes de budget. Nous, on a réussi à le faire pour moins de 20 millions d’euros, mais ça nous a demandé beaucoup d’ingéniosité."
Visiblement, le traitement des effets visuels n’est pas que spectaculaire, mais lié à une expérience intérieure — le rétrécissement comme métaphore.
Dujardin dans l'infiniment petit
Jean Dujardin va mesurer 1 centimètre dans le film et il rétrécira "inexorablement, sans que la science ne puisse lui expliquer pourquoi ni lui être d’aucun secours" déclare l'acteur.
Le film met en lumière l’importance du réalisme visuel : le personnage voit ses proportions changer radicalement, donc les effets doivent rendre crédible cette transformation, sans “magie visible”.
Le réalisateur Jan Kounen a déclaré que Jean Dujardin "rêvait de refaire L’Homme qui rétrécit [...] depuis des années" et a décrit le phénomène météorologique inexpliqué déclencheur de la transformation : le tournage qui s’est déroulé de mai à juillet 2024 en France et en Belgique (Zuydcoote et Dunkerque pour les extérieurs côtiers) a donc inclus des phénomènes naturels (mer, météo) susceptibles d’exiger un mélange d’effets pratiques et numériques pour rendre les transitions réalistes, puis dans la maison où chaque objet du quotidien devient une menace à mesure que le personnage rétrécit. Les effets visuels devant traiter la taille du personnage par rapport aux éléments qui l’entourent — "une ambition visuelle" forte pour le réalisateur.
Pour cela, le directeur de la photographie Christophe Nuyens et la société française Mac Guff (Le Règne Animal, Vermines...) ont été impliqués dans les effets spéciaux, Mac Guff étant connue pour ses capacités à mêler images réelles et CGI.
© Tous droits réservés. Christophe Brachet © 2024 Pitchipoï Productions
Extraits du roman :
"Il y a des lois dans l'univers que nous ne comprenons pas encore.
Des forces invisibles qui régissent notre existence et qui peuvent en un instant, bouleverser l'ordre naturel des choses.
Nous sommes des voyageurs ignorants dans un cosmos dont les secrets nous dépassent."
"L'araignée fonça sur lui dans l'ombre des étendues sableuses, tricotant furieusement de ses pattes immenses. Son corps ressemblait à un œuf gigantesque et luisant qui tremblait de toute sa masse noire tandis qu'elle chargeait à travers les monticules privés de vent, laissant dans son sillage des ruissellements de sable. L'homme en resta paralysé. Il vit l'éclat venimeux des yeux de l'araignée. Il la regarda escalader une brindille de la taille d'un rondin, le corps haut perché sur ses pattes que le mouvement rendait floues, jusqu'à atteindre le niveau des épaules de l'homme. "
L'homme qui rétrécit (Id.), 2025, Jan Kounen, France.
Son : NC. Format d'image : Couleurs.
Réalisateur : Jan Kounen. Durée : 1h39.
Productions : Pitchipoï Productions, en co-production avec : TF1 Films Production, Umedia, La Production Dujardin, Proximus, Radio Télévision Belge Francophone (RTBF), VOO, BE TV en association avec : Picture Perfect, uFund, et la participation de : Région de Bruxelles-Capitale, Ciné+OCS, Amazon Prime Video, TF1, Télé Monté Carlo (TMC) et le support du Centre du Cinéma et de l'Audiovisuel de la Fédération Wallonie-Bruxelles.
Distribution France : United International Pictures (UIP).
Producteurs : Alain Goldman, Patrick Wachsberger.
Co-producteurs : Jean Dujardin, Cédric Iland, Bastien Sirodot.
Producteur exécutifs : Axel Decis, Alan Gasmer, Richard Christian Matheson.
Producteurs délégués : Cyrille Bragnier.
Co-productrice exécutive : Nora Chabert.
Assistante co-production : Juliette Matrige.
Producteurs associés : Axel Decis, Philippe Logie.
Scénario : Jan Kounen et Christophe Deslandes d'après le roman "L'homme qui rétrécit" de Richard Matheson.
Directeur de la photographie : Christophe Nuyens.
Direction artistique : NC.
Chef décorateur : Marie-Hélène Sulmoni.
Décorateur plateau : Sévérine Guilbaud.
Effets spéciaux (société) : Armada Studios, Mac Guff.
Montage : Anny Danché.
Casting : Michaël Bier.
Musique : Alexandre Desplats.
Costumes : Sybille Langh.
Interprètes : Miranda Raison, Marie-Josée Croze, Jean Dujardin,
Daphné Richard, Salim Talbi, Serge Swysen, Stéphanie Van Vyve.
Date de sortie française : 22 octobre 2025.
Date de sortie US : NC.
Budget estimé : 21M€.
Sorti le 4 mars 2026 en 3 éditions chez Universal Pictures Home Entertainment, le film de Jan Kounen, avec Jean Dujardin, mérite une seconde chance pour sa diffusion sur les supports DVD et Blu-Ray.
Le film n'avait réussi qu'à déplacer 265 381 spectateurs dans les salles obscures françaises, un échec majeur pour un film doté d'un solide budget de 21M€ et une large distribution par Universal Pictures. Une version director's cut intégrée dans les suppléments devrait aider à réhabiliter le film, nous y reviendrons dans le détail.
Les éditions disponibles (Pas d'édition Blu-Ray 4K pour le moment) :
📀Edition Blu-Ray (1 disque BD-50), que nous avons testée,
📀Edition Blu-Ray Spéciale FNAC (1 disque BD-50), avec juste un packaging visuel différent,
📀Edition DVD (1 disque DVD-9 - Format Keep Case).
Le film tourné en numérique, évidemment proposé dans son format d’origine 2.39, l'image est donc précise même avec un 1080p AVC de cette édition. Une légère texture granuleuse donne volontairement un effet cinématographique moins lissé. Les matières des objets et des visages sont très détaillés donnant toute leur importance aux interactions de l'acteur avec son environnement. Pour l'audio, versions en Dolby Digital 5.1 et audiodescription en 2.0., pas de sous-titres disponibles.
Extraits des menus du Blu-Ray. Tous droits réservés. © 2024 Pitchipoï Productions
Sur l'édition Blu-Ray que nous avons testée, à partir du menu animé (1') avec des scènes du film, accès au film (1h39'35"), les versions (cinéma, version director's cut, audiodescription) et les suppléments.
😊Si vous choisissez la version director's cut (de durée identique à la version cinéma), vous accédez à une introduction (1'20") présentée par le réalisateur Jan Kounen qui explique l'ajout de la voix off pour la version cinéma suite à des projections du film où le panel test s'est senti un peu perdu dans la narration du film. A la vision de cette version que je vous recommande particulièrement -sans voix off, le film gagne sur le sentiment de solitude du héros avec dans toute sa deuxième partie, un film plus mutique laissant plus de place à la partition d'Alexandre Desplats et aux bruitages de Grégory Vincent... et ces silences pesants font encore plus prendre conscience la perte totale d'humanité de ce héros miniaturisé.
Extraits du Making-of. Tous droits réservés. © 2024 Pitchipoï Productions
Dans les suppléments :
- Présentation du film par Jan Kounen (1'20"), celle qui précède la version director's cut,
- 😊 Le Making-of (39'05" / Pitchipoï Productions) : à partir des interviews de Jean Dujardin, Jan Kounen, un making-of passionnant qui prend le temps de nous expliquer les intentions premières, un film avec pour thème central l'acceptation de la mort. Pendant les six semaines de tournage dans un studio de 2000m de Vilvoorde, près de Bruxelles, l'acteur et le réalisateur dévoilent les secrets de fabrication de la scène de l'araignée avec dee la motion capture et les nombreux autres trucages visuels sur fonds bleus créés par la société Mac Guff de Rodolphe Chabrier et Benoit De Longlée, le superviseur des effets spéciaux. Un doc complet, explicatif et pertinent !
*Le hors-champ est la partie de la scène qui n'apparaît pas dans un plan d'un film parce qu'elle n'est pas interceptée par le champ de l'optique de la caméra que ce champ soit invariable (plan fixe), ou variable (plan où la caméra effectue un mouvement (panoramique et/ou travelling) et/ou un zoom).
Rechercher sur SFStory :
Chers visiteurs, chères visiteuses de la planète Terre*, nous avons créé ce site avec passion pour vous offrir des informations sur les films de 🛸 science-fiction et de 🤖 fantastique.
Pour nous aider à faire vivre SFStory, tous vos achats par l'intermédiaire des liens images ci-dessous, nous permettrons de mettre du carburant écologique dans notre vaisseau spatial 🚀 mais nous permettrons surtout de développer le site pour continuer à répondre à vos attentes. D'avance, un grand merci pour votre soutien !
* 🌍Terre : troisième planète du Système Solaire du Nuage d’Oort dans le bras d'Orion de La Voie Lactée, du Superamas de la Vierge , dans le Superamas de Laniakea de l'univers connu.
SFSTORY - Le meilleur de la science-fiction
Toutes les photographies et jaquettes de ce site web sont protégées par les lois sur le copyright. Tous documents visuels de ce site sauf mentions particulières sont la propriété des auteurs ou des studios de cinéma respectifs. Vous n'êtes autorisés à télécharger et à imprimer tous les documents visuels que pour une utilisation dans le cadre privé. Pour les jaquettes (covers), uniquement dans le cadre d'un remplacement d'un original perdu ou détérioré. L'éditeur de ce site ainsi que son hébergeur ne sauraient être tenus pour responsable d'une utilisation autre que celle prévue dans cette mise en garde.
Les textes du site sauf mentions particulières du nom de l'auteur de certains articles ou critiques sont la propriété du sitemestre.
Les liens externes pour des sociétés ou des sites à caractères commerciaux ne sont là que pour vous informer de la possibilité de visionner les livres, films ou séries TV nommés. SF-Story ne peut être tenu responsable des transactions effectuées à partir de ces liens. Vous devez accepter ces conditions pour accéder au site.
SF Story n'a qu'un seul but : vous faire apprécier le cinéma de science-fiction!