CUBE (1997)

L'histoire

Six personnes se retrouvent à leur réveil enfermées dans une prison étrange, des cubes métalliques assemblés les uns aux autres mais dont certains passages recèlent de pièges terriblement mortels.

 

Quelle énigme, quelle solution leur permettra de sortir de ce cube infernal...


L'AVIS DE SF-STORY****

POINTS POSITIFS ET NEGATIFS

+ Thriller SF claustro-phobique.

-  Çà fait pas un peu trop de mutants !

 

 

Dès la première scène, on sait que le cube recèle des pièges mortels. Le climat angoissant est déjà planté (sans jeux de mots), accentué par le décor claustrophobe, les dialogues ciselés des personnages, tous tirés de leur activités quotidiennes, l'un dormait, l'autre faisait la cuisine…

 

Chacun possède une partie de l'énigme qui leur permettra de trouver une hypothétique sortie. Contrairement à ce que dit la jaquette du film, l'intérêt n'est pas de savoir combien ils seront à l'arrivée mais comment vont-ils gérer cette situation incohérente? La réalisation ne tombe d'ailleurs dans aucun piège du type serial-killer : qui sera tué et comment !

 

Au fil de l'intrigue, chacun apportera un peu de sa personne au service du groupe tout entier : le flic donnera l'unité et la volonté (dans la première partie), la prof apportera la psychologie et le dialogue, l'étudiante le raisonnement mathématique, etc…

 

Les dialogues apportent d'ailleurs des métaphores très explicites, l'étudiante déclare en parlant des chiffres : "Ils ne se révèlent pas aussi facilement que les êtres humains". Une autre prisonnier (juste avant d'être victime du cube) : "Vous devez réussir à vous sauver vous-même…"

 

 

La situation dans laquelle ils se trouvent est un raccourci psychologique permettant de connaître les réactions humaines provoquées par l'internement prolongé d'un groupe d'individus non préparés. La réalité dépasse là encore la fiction puisqu'une émission télévisée scandinave filmait dans toutes leurs activités quotidiennes un groupe enfermé dans un pavillon, et ce pendant plusieurs mois. L'émission appelée "Big Brother", grand succès chez nos amis norvégiens et suédois, et en passe d'être acheté par une télévision française. Depuis la sortie du film et ce jeu de télé-réalité, on a vu pire! Le principe est terriblement efficace : toutes les semaines, les téléspectateurs peuvent choisir le participant qui va être évincé du groupe, le gagnant est donc celui qui restera le dernier dans la maison…

 

Cube n'est donc peut être pas bien loin de nous ! Le film joue par ailleurs sur le plan du voyeurisme : on trouve de l'intérêt au film autant sur le plan de l'action intérieure (que ferions nous à leur place ?), que sur l'aspect de la vision extérieure, côté spectateur-voyeur.

 

 

Réflexion sur les relations humaines dans des situations de crise, où les sentiments sont exacerbés, Cube est une expérience cinématographique aboutie bercée par un sentiment de malaise et de pessimisme profond.

HORS-CHAMP*

Un cube unique

 

L'ensemble du plateau de tournage n'était constitué que d'un seul cube, changé en différentes couleurs au moyen de panneaux de gel. Comme le passage de l'un à l'autre prenait beaucoup de temps, le film n'a pas été tourné en séquence, mais plutôt couleur par couleur. Les gels rouges ont été les premiers à être installés, ce qui signifie que toutes les scènes des salles rouges ont été tournées en premier. Il se trouve que les salles rouges contiennent les scènes les plus riches en dialogues du film, y compris le grand discours de Worth à Holloway...

 

Cube a été filmé dans l'urgence : 20 jours de tournage avec un budget modeste et un planning serré. La quasi totalité du film a été tournée avec une caméra tenue à la main. De plus, pour montrer son soutien à l'industrie cinématographique de Toronto, la société d'effets spéciaux C.O.R.E. a réalisé gratuitement les effets numériques.

 

Au tout dernier moment lors du montage final, le réalisateur Vincenzo Natali a supprimé une scène à la fin du film dans laquelle il montre ce qui est à l'extérieur du cube. 

 

Des noms de prison!

 

Tous les personnages de Cube sont nommés d'après des prisons célèbres : Kazan étant un célèbre institut psychiatrique pénitentiaire russe, la  prison de Holloway était une prison britannique située dans le quartier de Holloway dans le quartier d'Islington au nord de Londres,  Leaven(worth) et Alderson sont des pénitenciers américains,  Rennes est un centre pénitencier pour femmes situé près de la ville du même nom en France et (Saint) Quentin est une prison d'état de Californie.

 

Non seulement les personnages sont nommés d'après les prisons, mais ils reflètent les prisons elles-mêmes. Exemple : Kazan  incarné par le personnage handicapé mental, était une prison pour les malades mentaux en Russie. Rennes (le "mentor") est une prison française qui a été à l'origine de nombreuses politiques et méthodes pénitentiaires actuelles. La prison de Quentin, le détective, était connue pour sa brutalité.  Alderson est une prison où l'isolement est une punition notoire. Leavenworth est soumise à un ensemble de règles strictes, symbolisé par le point de vue mathématique de Leaven, et la nouvelle prison appartient à une entreprise qui l'a construite, Worth, est engagé comme architecte...

 

 

Certains critiques on comparé Cube à un épisode hard de Chapeau Melon et Bottes de Cuir ou un pastiche gore mais sans humour de "Huis clos", pièce de théatre de Jean-Paul Sartre.

Citation

 

Extraits du dialogue :

- "Il n'y a rien qui me donne envie d'aller dehors"

- "Qu'il y a-t-il dehors?"

- "Une bêtise humaine illimitée"

 

BANDE-ANNONCES

PHOTOS

Copyright Walt Disney Studios Motion Pictures (2020)

AFFICHES


GENERIQUE

Cube (id.), 1997, Vincenzo Natali, Canada.

Son :  Ultra Stereo.

Format d'image : 1.85

Réalisateur : Vincenzo Natali.

Durée : 1h30.

Productions Cube Libre, Odeon Films, Ontario Film Development Corporation, The Feature Film Project, The Harold Greenberg Fund, Téléfilm Canada, Viacom Canada.

Distribution France :  Metropolitan Filmexport.

Producteurs : Mehra Meh, Betty Orr.

Producteur exécutif : Colin Brunton.

Scénario : André Bijelic, Vincenzo Natali et Graeme Manson.

Effets spéciaux (sociétés) C.O.R.E. Digital Pictures, Caligari, JJamb Productions.

Directeur de la photographie : Derek Rogers.

Montage : John Sanders .

Décorateurs de production :  Jasna Stefanovic.

Direction artistique : Diana Magnus.

Décorateur plateau

Costumes : Wendy May Moore.

Musique : Mark Korven.

Interprètes : Nicole de Boer (Leaven), Nicky Guadagni (Holloway), David Hewlett (Worth), Andrew Miller (Kazan), Julian Richings (Alderson), Wayne Robson (Rennes), Maurice Dean Wint (Quentin)

Date de sortie Canada :  9 Septembre 1997.

Date de sortie française :  28 Avril 1999.

Budget estimé : NC.

Recettes mondiales cumulées : 565 700$ 

 

 



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COMMENTAIRES

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VOS AVIS (5)

Paul Bruno****

Son site : Yo-zone

 

Assurément, ce huit-clos horrifique fût l'une des agréables surprises de l'année 1999 dans les salles obscures françaises. En effet, cette petite production canadienne de 1997 semble avoir eu du mal à trouver un distributeur dans nos contrées.

 

Articulé autour d'une histoire simple, inspirée d'un épisode, " Five Characters In Search Of An Exit", de "La Quatrième Dimension", "CUBE" nous raconte l'histoire d'une poignée d'individus se réveillant prisonniers dans un lieu insolite, composé d'une multitude de salles cubiques reliées entre elles par des portes. (vous connaissez le Rubicube? Et bien, à côté de celui-là, c'est de la gnognotte).

 

Le réalisateur nous plonge immédiatement dans le bain (de sang), puisque la scène d'introduction nous présente d'entrée l'un des monstrueux pièges qui équipe, parfois, les cellules et nous donne droit à l'un des rares effets spéciaux du film.

 

Un à un, les différents personnages font leur apparition et viennent enrichir la galerie de portraits stéréotypés de cette équipe de joyeux drilles. Face à l'incompréhension, la peur et l'angoisse ils décident de s'unir pour trouver une sortie.

 

Où? pourquoi? comment? sont bien entendu les questions qui surgissent et qui, peu à peu, leur font comprendre que la présence de chacun n'est pas forcément anodine, qu'ils ont peut-être chacun un rôle à jouer dans ce cauchemar.

 

Bien entendu, sous la pression, les caractères, angoisses et névroses des protagonistes ne tardent pas à se dévoiler, et c'est finalement les relations entre les personnages qui au-delà du cube, transcendent le climat horrifique et paranoïaque du récit, ainsi que notre imagination (c'est vrai quoi, que ferions-nous dans une telle situation, associé à une bande d'inconnus?).

 

Toujours est-il que le pari de Vincenzo Natali, nous effrayer, est plutôt réussi. Il parvient grâce à une réalisation efficace - pas d'avalanche d'effets spéciaux (à quelques pièges spectaculaires près), ni de décors pharaoniques (assez standards d'une cellule à l'autre) juste quelques effets visuels - et une interprétation, parfois outrancière, à donner vie à son CUBE.

 


Franck Garravet *****

 

Ce film à tout point de vue est à regarder!La qualité principale de CUBE réside dans le concept novateur de l'oeuvre.

L'inconnue prend une place prépondérante :les acteurs ne se connaissent pas, ne savent pas comment ils sont arrivés dans le cube et quel est le moyen pour (s')en sortir.

 

Si l'on ajoute à cela une ignorance complète du lieu de l'action (intra et extra-cubaire, si je peux me permettre), il y a là-dedans tous les ingrédients pour déstabiliser les spectateurs que nous sommes.

Ces manques de repères (qui ne font que renforcer l'angoisse contenue dans l'oeuvre) peut déstabiliser voire frustrer la personne qui n'arrive pas à saisir la subtilité de CUBE.A nous de voir ce film avec le recul qu'il impose, à l'appréhender plus comme une question philosophique que comme un classique du genre.

 

Un petit reproche tout de même (et oui, personne n'est parfait mon pauv'monsieur) : les personnages sont peut-être un peu stéréotypés.

 


Aguila Josselin*****

 

Vincezo Natali fait de son film Cube un chef d'oeuvre du cinéma fantastique. Tourné avec peu de moyens mais beaucoup d'inventivité, il offre un huis-clos tétanisant, diaboliquement ingénieux. Le réalisateur confronte six personnes prisonnières d'une sorte de cube dont certaines pièces comporntent des pièges inventifs et sadiques qui se révèlent être mortels... ce qui offre des séquences de haute tension notamment celle de la salle piégée par le son. Le résultat : Grand Prix, le Prix du Jury et le Prix de la Critique au Festival de Gérardmer en 1999

 


Riico*****

 

Filmé avec très peu de moyens, Cube est la symbiose parfaite du décor unique avec idées multiples...

 

En effet, l'histoire fait étrangement penser à des rats de laboratoire prisonniers d'un savant fou... Un ami a trouvé une jolie comparaison à Cube qui le désigne comme le purgatoire (enfer ou paradis, c'est à eux de choisir)...

 

En tout cas, c'est un film fantastique nerveux qui tient en haleine jusqu'au bout. Un nouvelle réussite pour un film à petit petit budget !

 


Anthony Deligne*****

 

Moi qui ai horreur des mathématiques, Cube m'a donné une bonne raison de ne pas les aimer!!!

 

6 personnes qui ne se connaissent pas, coincés dans un décor génialissime, avec des pièges sophistiqués... Réellement, ce film vous offre un tout autre point de vue sur un cube!!!

 

On en vient à se dire que dans cette situation, le plus dangereux dont il faut se méfier n'est peut-être pas forcément le décor, mais surtout les gens qui vous entourent! Une pure merveille cinématographique!


*Le hors-champ est la partie de la scène qui n'apparaît pas dans un plan d'un film parce qu'elle n'est pas interceptée par le champ de l'optique de la caméra que ce champ soit invariable (plan fixe), ou variable (plan où la caméra effectue un mouvement (panoramique et/ou travelling) et/ou un zoom).