INTERSTELLAR (2014)

L'histoire

Alors que la vie sur Terre touche à sa fin, un groupe d’explorateurs s’attelle à la mission la plus importante de l’histoire de l’humanité : franchir les limites de notre galaxie pour savoir si l’homme peut vivre sur une autre planète…

 


L'AVIS DE SF-STORY *****

POINTS POSITIFS ET NEGATIFS

Une histoire à la fois humaine et une odyssée spatiale époustouflante

+ L'élégance de la mise en scène

+ La magie du voyage interstellaire

-  Une première heure un peu longue...

 

 

HORS-CHAMP*

L'odyssée de l'humanité dans l'univers

 

Interstellar s'interroge sur la place de l'homme dans l'univers. De tout temps , les humains ont toujours voulu être maîtres de leur destin et repousser les limités des territoires connus, en affrétant des bateaux pour découvrir le nouveau monde ou en parvenant sur le satellite naturel de notre planète.

 

Le réalisateur Christopher Nolan s'interroge sur le sujet : "La conquête spatiale incarne parfaitement la quête d’absolu de l’humanité. D’une certaine façon, il s’agit surtout d’essayer de comprendre ce que représente notre existence à l’échelle de l’univers. Quelques rares personnes font preuve d’une extraordinaire énergie en décidant de repousser les limites du monde tel qu’ils l’ont toujours connu. Pour un réalisateur, cela offre un large champ des possibles. J’ai été extrêmement enthousiaste à l’idée de faire un film qui ferait vivre au public l’expérience des premiers explorateurs de l’espace comme s’ils s’aventuraient eux-mêmes dans une nouvelle galaxie. On ne peut imaginer plus grande épopée à raconter. J’ai toujours été curieux de voir quelle serait notre prochaine phase d’évolution. Si la Terre était un nid, comment réagirions-nous si nous devions le quitter ?"

 

L’histoire se déroule dans un avenir proche où survient une crise agricole très lourde de conséquences pour l'humanité. Interstellar raconte ainsi la mission audacieuse d’une poignée d’hommes résolus à percer le mystère de l'espace-temps. Ils tentent désespérément de trouver un  moyen de sauver notre espèce. 

 

 

Si la conquête spatiale offre un éventail très large pour décliner des récits d'aventures aux enjeux majeurs, Nolan tenait surtout à mettre l'accent sur la dimension intime et humaine de cette épopée : "Je trouve que la force et l'immensité de l’espace sont d’autant plus intéressantes qu’elles servent de cadre pour explorer les relations humaines, qui sont celles qui comptent vraiment pour nous, et pour comprendre leur incidence sur notre place dans l’univers".

 

La productrice Emma Thomas le résume ainsi : "Interstellar, c'est l’aventure spectaculaire d’une odyssée dans l’univers mais au fond, il s’agit de l’histoire d’un père, de ses enfants et des sentiments qu’ils éprouvent les uns envers les autres. Il y est question de l’amour que l’on trouve dans une famille, des notions de devoir et de sacrifice, et de notre profond attachement aux autres".  

 

L'actrice Jessica Chastain ajoute que ce film salue aussi la force des relations humaines qui nous unissent : "Cette histoire parle de rêves et de déception, mais au fond elle s'attache surtout à l’idée très belle que même

si l’amour est impalpable, il nous habite, quels que soient la distance et le temps qui nous séparent"

 

Jonathan Nolan, co-scénariste, souligne que l'immensité de l’univers a nourri plusieurs trames narratives. "C’est une réalité : l’univers est magnifique à regarder et suscite en nous une fabuleuse sensation

d’émerveillement. Il y fait froid, l'atmosphère y est irrespirable et il est si vaste que nous n’avons pas la moindre idée de son étendue réelle. On est donc partis d'une thématique très large qu'on a essayé de ramener à l'échelle humaine pour permettre au spectateur de comprendre les enjeux d'un voyage intergalactique, tant sur le plan physique qu'émotionnel."

 

Rigueur scientifique

 

Au début de la préproduction, le Dr Kip Thorne, physicien de renommée internationale qui travaille dans les domaines de la physique théorique, de la physique gravitationnelle et de l'astrophysique, a établi deux lignes directrices à suivre à la lettre dans le scénario : rien ne violerait les lois physiques établies et toutes les spéculations narratives découleraient de la science, et non de l'esprit créatif d'un scénariste. Christopher Nolan a accepté ces termes, tant qu'ils n'ont pas gêné la réalisation du film. Cela n'a pas empêché les affrontements, comme par exemple, lorsque Thorne a passé deux semaines à convaincre Nolan d'abandonner l'idée de voyager plus vite que la lumière.

 

Sur un autre décor du film, les nuages de la planète de glace, qui sont des structures qui vont probablement au-delà de la résistance matérielle que la glace serait capable de supporter, constituent le plus grand degré de créativité scientifique du film selon le même Dr Kip Thorne.

 

La méthode de voyage spatial utilisée dans ce film est basée sur les travaux du physicien, qui ont également servi de base à la méthode de voyage spatial du roman "Contact" de Carl Sagan, et à l'adaptation cinématographique qui en a résulté, Contact (1997) toujours avec Matthew McConaughey. Pour Thorne, Insterstellar se résume comme une histoire "basée sur l'espace-temps déformé - les événements les plus exotiques de l'univers devenant soudainement accessibles aux humains".

 

 

Des effets spéciaux créés par un Prix Nobel!

 

Pour créer le vortex et le trou noir, le Dr Kip Thorne a collaboré avec le superviseur des effets visuels Paul J. Franklin et son équipe de la société d'effets spéciaux Double Negative. Thorne a fourni à l'équipe des pages d'équations théoriques, qui ont ensuite générés de nouveaux logiciels CGI basés sur ces équations pour créer des simulations informatiques précises de ces phénomènes. Le rendu de certains plans a pris jusqu'à cent heures et, en fin de compte, l'ensemble du programme CGI a atteint huit cents téraoctets de données. Les effets visuels qui en ont résulté ont permis à Thorne de mieux comprendre les effets des lentilles gravitationnelles et des disques d'accrétion entourant les trous noirs, et l'ont amené à écrire deux articles scientifiques, l'un pour la communauté de l'astrophysique et l'autre pour la communauté de l'infographie.

 

Le Dr Kip Thorne a gagné un célèbre pari scientifique contre Stephen Hawking sur la théorie de l'astrophysique développée dans Interstellar (2014). En conséquence, Hawking a dû s'abonner à Penthouse Magazine pendant un an! Le pari est décrit dans Une merveilleuse histoire du temps (2014), sorti la même année que Interstellar.

 

Kip Thorne, qui est aussi producteur du film, a remporté le prix Nobel de physique en 2017 avec deux autres professeurs. Les scientifiques ont découvert des preuves d'ondes gravitationnelles. 

 

Christopher Nolan lui rend hommage dans le film en nommant le robot démonté sur la planète de glace KIPP, faisant référence qu nom du scientifique.

Marionnettes robots

 

La majorité des plans du robot TARS n'ont pas été générés par ordinateur. TARS était en fait une marionnette, contrôlée sur le plateau un système hydraulique piloté par Bill Irwin, qui a ensuite été effacée du film par voie numérique. Irwin a également marionneté le robot CASE, mais dans ce cas, sa voix a été doublée par Josh Stewart.

 

Christopher Nolan sur le tournage

 

Un espace interstellaire immersif

 

Christopher Nolan choisit désormais de tourner uniquement en 35mm, c'est sa marque de fabrique, son ADN cinématographique.  Ses fidèles collaborateurs, dont la plupart travaillent à ses côtés depuis plus de

dix ans, arrivent presque à anticiper sa vision du film : grâce à leurs prouesses technologiques, la caméra peut saisir une séquence dans toute sa globalité.

Plusieurs mois avant le tournage des séquences se déroulant dans l'espace, le réalisateur a réuni Kip Thorne et le superviseur d'effets visuels Paul Franklin pour apporter à leur représentation de l'univers un degré d’authenticité jamais atteint. Thorne s’est rendu à Londres pour rencontrer les membres de l’équipe des effets visuels de Double Negative, et a travaillé en étroite collaboration avec les concepteurs d’effets spéciaux et les développeurs de programmes informatiques pour créer des éléments graphiques s'inspirant au maximum de l'état des connaissances scientifiques actuelles. 

 

 

Double Negative a également rendu la réalité de l’espace encore plus palpable en s’inspirant des archives d’astrophotographie du Royal Observatory du Royaume-Uni et des clichés en haute définition du télescope Hubble. L'équipe a aussi consulté la base de données de la NASA, qui contient deux millions et demi d’étoiles, afin de représenter dans les paysages interstellaires du film l’univers tel qu’on le connaît. Alors que la réalité de l’univers a été représentée en infographie, Nolan a réuni les équipes d'effets spéciaux  afin de détailler la mission intergalactique. ″Certaines choses ne peuvent être conçues qu’avec l’aide de l’infographie″, déclare-t-il, ″mais il existe d’autres astuces que l’on peut utiliser pour convaincre le public de l'authenticité du film″.

 

Au coeur de l'IMAX

 

Le réalisateur souhaitait concevoir un film proche du documentaire tout en conservant l'élégance de la mise en scène qu'il ne pouvait concevoir que dans le format IMAX. Ce format dont l'abréviation anglais Image Maximum, est un format de pellicule créé par l'IMAX Corporation, au Canada, et qui a la capacité d'exposer des images d'une plus grande taille et d'une meilleure résolution que les pellicules conventionnelles. 

 

Le directeur de la photographie Hoyte von Hoytema a ainsi  exploré de nouvelles techniques de prises de vue. ″Nous savions depuis le début que nous voulions tourner les grands plans panoramiques d’extérieurs (notre première vision du trou noir ou du trou de ver) en IMAX mais  nous pensions qu'il était impossible d’utiliser des caméras IMAX pour filmer les décors plus exigus et intimes en raison de la taille et du poids du matériel de tournage. Mais Hoyte était résolu à tourner caméra à l'épaule, malgré son poids. Cela nous a permis de tourner beaucoup plus en IMAX que nous ne le  pensions″.

 

Pour le chef-opérateur, cette technique vient souligner les émotions ressenties à la lecture du script. ″C’est une histoire très visuelle mais qui a aussi beaucoup d’âme, et c’est un aspect qu’il fallait préserver″ déclare-t-il. ″On voulait trouver un moyen d’utiliser le format IMAX presque comme la plus lourde caméra GoPro qui soit, mais il a fallu quelques  expérimentations pour contourner la technologie. De cette manière, on pouvait être souple et improviser avec les gros plans et les séquences dialoguées, tout en gardant la profondeur de champ de l’IMAX".

 

En circuit court

 

Pour les scènes du champ de maïs, Christopher Nolan a cherché à cultiver deux cent hectares de maïs, dans la région d'Okotoks, au sud de Calgary dans l'Alberta, province du Canada., lieu où se déroulent les scènes de la ferme, mais avec ce qu'il avait appris de sa production de Man of Steel (2013), il  a ensuite vendu le maïs et a même réalisé un profit.

 

Inspiré de la Grande Dépression

 

Le cadre de la ferme entourée de magnifiques montagne peut semble bucolique mais l'époque, elle, ne l'est pas. La production s'est inspirée de la Grande Dépression – et du "Dust Bowl" – pour évoquer le traumatisme initial de l'humanité qui provoque le périple vers l'espace. Nolan avait récemment découvert la série documentaire de Ken Burns sur la plus grande catastrophe écologique de l'histoire nord-américaine : un sur-labourage des terres arables du pays avait transformé les Grandes Plaines en étendues désertiques et occasionné ces "tempêtes noires" de poussière qui ont rendu l'air irrespirable, jeté des millions de gens sur les routes et entraîné des famines. Les images poignantes de Burns et ses entretiens avec des survivants du Dust Bowl ont considérablement marqué Nolan et, par la suite, le rendu esthétique du film. "Les images d'archives réunies par Ken étaient bien plus sidérantes que n'importe quel film de science-fiction", confie le réalisateur.

 

Conscient qu'il n'obtiendrait pas un rendu suffisamment réaliste en infographie, Nolan a sollicité le coordinateur Effets spéciaux Scott Fisher : ce dernier a préconisé de recourir au C-90, matériau non toxique et biodégradable obtenu à partir de carton réduit en poudre, utilisé comme pâte dans certains plats préparés et suffisamment léger pour obtenir l'effet de poussière en suspension recherché par Nolan. Étant donné que Fisher utilisait d'immenses ventilateurs afin de disséminer le C-90 dans l'atmosphère, la caméra IMAX a dû être protégée à l'aide de bâches en plastique spécialement conçues pour l'occasion. Les acteurs, de leur côté, étaient ensevelis sous la poussière à la fin de la journée de tournage!

 

La planète de glace

 

Nolan s'était rendu en Islande il y a une dizaine d'années pour tourner certaines séquences de Batman Begins, et il savait qu'il y trouverait des paysages d'une grande richesse pour son nouveau film.  "On voulait que les univers extraterrestres soient réalistes et semblent tangibles. Du coup, pour que le spectateur se sente embarqué vers ces nouveaux mondes en compagnie des astronautes, on savait qu'il nous fallait tourner en décors naturels, et les paysages islandais possèdent cette dimension sauvage que je recherchais". Nolan et Crowley ont pris le premier vol pour l'Islande afin de voir si le glacier dont ils gardaient un souvenir pourrait convenir à la planète recouverte de glace que les personnages explorent. Ils ont alors découvert que le glacier Vatnajökull s'était effondré suite aux récentes

éruptions volcaniques, ce qui a créé un effet surréaliste avec ses teintes de gris marbré et cela s'est avéré bénéfique pour l'atmosphère du film qu'ils souhaitaient rude et funeste.

 

Il se trouve que les paysages islandais, d'une grande diversité, ont offert au réalisateur les univers de deux planètes : outre la planète recouverte de glace, la production a repéré à quelques pas de là le lagon Brunasandur, peu profond mais s'étendant en apparence à perte de vue, qui a servi de

zone de largage de la planète plongée sous les eaux. Si le cadre était idéal – puisqu'aucun rivage n'était visible –, la production a dû construire 15 km de route pour installer le camp de base.

 

La production s'est attelé  aux décors pour aménager deux sites enclavés non seulement pour les comédiens et les techniciens, mais aussi pour deux vaisseaux spatiaux. "Le Ranger et le Lander ont été construits grandeur nature, si bien que la possibilité de les filmer sous l'eau ou sur la glace a largement bénéficié au film", note le réalisateur. À peine construits, les vaisseaux – pesant chacun plus de 4,5 tonnes – ont été démontés,

emballés dans des containers et acheminés à bord d'un 747 cargo jusqu'à l'aéroport de Reykjavik, puis chargés sur des camions, transportés sur les lieux de tournage et remontés sous des tentes géantes.

 

En apesanteur

 

Privés de l'effet de la gravité terrestre, les personnages du film font l'expérience de l'apesanteur en plein vol. Nolan avait déjà simulé l'apesanteur dans Inception, et a collaboré avec le chef-cascadeur George Cottle pour améliorer encore les techniques qu'ils avaient mises au

 

point. Cottle a développé un ensemble d'équipements offrant au réalisateur

et aux acteurs le maximum de souplesse et de confort.  Il a aussi  visionné de nombreux films d'archives d'astronautes, eux-mêmes en apesanteur, ce qui lui a permis de mettre au point ses équipements en s'inspirant de la flottabilité des astronautes et de leurs actions et réactions dans un

tel contexte. Pour y parvenir, Cottle et le superviseur des effets visuels Scott Fisher ont eu recours à un système complexe surnommé le parallélogramme, un harnais fixé aux hanches ou à une protection ventrale des comédiens, permettant ainsi à ces derniers de se déplacer à travers des

espaces exigus grâce à une grue télécommandée. 

 

Dans l'espace

 

Le style des combinaisons spatiales portées par Cooper et les astronautes était, lui aussi, ancré dans le réel. "On ne voulait pas s'éloigner des contraintes imposées par les voyages dans l'espace", rappelle

Nolan. "On a fait en sorte que les tenues soient associées à un astronaute du XXème siècle, car on voulait  puiser dans ce pan de l'histoire de la conquête spatiale. Il était important qu'on ait affaire à un archétype d'astronaute facilement reconnaissable, et non pas à une représentation hypothétique d'un astronaute du futur". C'est la chef-costumière Mary Zophres qui a conçu les tenues en moins de quatre mois. 

 

Mary Zophres a étudié l'évolution des tenues des astronautes des années 60 à nos jours – des combinaisons argentées du programme Mercury aux tenues un peu bouffantes des astronautes d'Apollo qui ont marché sur la lune – mais elle a fini par emprunter à ces différentes époques.  "J'ai cherché à le moderniser un peu, et à imaginer des tenues un peu plus branchées, tout en conservant une silhouette classique".

 

La chef-costumière s'est aussi inspirée de cet univers pour certains accessoires qui devaient être fabriqués dans le même tissu que les combinaisons, à l'instar des systèmes d'oxygène, des gants et de certaines fusées. Ces accessoires ont été conçus à partir d'une modélisation 3D, puis fabriqués et calibrés en collaboration avec les départements Décoration et Effets spéciaux. Mary Zophres et son équipe ont ensuite intégré ces objets aux combinaisons souples afin d'en souligner la fonction. C'était d'autant plus difficile que chaque accessoire – et notamment les systèmes d'oxygène – devaient fonctionner. "Les comédiens étaient en combinaison spatiale pendant plus de la moitié du film et, lorsqu'ils portaient leur casque, il fallait que celui-ci fonctionne vraiment pour qu'ils puissent respirer".

 

Mary Zophres a collaboré étroitement avec le réalisateur afin que le style des casques s'inspire du système de roulement à billes mis au point par le programme Gemini. Au cours des quatre mois nécessaires pour concevoir, fabriquer, puis vieillir les casques, un dispositif sonore en état de fonctionnement a été imaginé, puis intégré aux casques afin de faciliter la communication entre les acteurs et le réalisateur – ou entre comédiens lors d'une scène dialoguée. Au final, ces échanges ont servi au mixage du film.

 

Si les combinaisons étaient déjà lourdes telles quelles, la chef-costumière a dû y ajouter un système de refroidissement, constitué de tubes d'eau froide, afin d'éviter que les comédiens ne souffrent de surchauffe. Pour y parvenir, la chef-habilleuse Lynda Foote a étudié les véritables dispositifs utilisés par les astronautes en mission. Les comédiens étaient enfin équipés d'un sac à dos contenant des ventilateurs destinés à assurer le refroidissement et à empêcher les visières de s'embuer. Au total, les tenues pesaient de 15 à 18 kg, sans compter les combinaisons de plongée portées par les acteurs pour les séquences aquatiques.

 

Les engins spatiaux

 

Pour les trois navettes – le Ranger, le Lander et l'Endurance –, Nolan et Nathan Crowley ont visionné des heures de documentaire en IMAX sur la Station Spatiale Internationale, visité le vaisseau cargo spatial Space X Dragon d'Elon Musk, ainsi que la navette spatiale Endeavor. La production a ensuite construit le Ranger, navette rapide de l'Endurance, à partir d'une imprimante 3D. Pour affiner la maquette, une équipe de sculpteurs a ciselé de nombreux détails sur le châssis comme le train d'atterrissage, le moteur, les sas... en conservant les ligne épurées de sa silhouette. Puis la production a créé le Lander, mastodonte anguleux, capable de sillonner la planète conçu "comme un cheval de trait conçu pour acheminer des vivres depuis l'Endurance jusqu'à la surface d'une planète, ce qu'il réalise à l'envers. Il fallait donc que les sièges puissent pivoter à 360° pour les astronautes, et le cockpit est exigu afin de libérer le maximum de place à la zone de cargaison" indique le chef-décorateur Nathan Crowley.

 

Le Ranger et le Lander ont été conçus pour s'intégrer facilement au vaisseau ravitailleur Endurance, défi complexe que Crowley et le réalisateur ont su relever en ayant recours à des méthodes plutôt artisanales. "J'ai utilisé des cubes en acrylique, que nous avons modelés de diverses manières,

jusqu'à obtenir une forme géométrique évoquant un anneau composé d'une douzaine de nacelles"

 

L'Endurance ressemblait à une immense roue segmentée, pourvue d'un moyeu central, capable de tourner à cinq tours/minute afin de générer une gravité artificielle grâce à la force centripète. Connectées par un système de sas et un plancher incurvé, chacune des douze capsules du vaisseau remplit une mission bien particulière : il y a ainsi quatre nacelles accueillant les moteurs, quatre autres abritant les cabines des astronautes, le cockpit, la zone de cryogénisation et le laboratoire médical, et quatre autres, enfin, destinées à l'atterrissage sur une planète. Une fois le style d'ensemble du vaisseau validé en visualisation 3D et les différentes parties destinées à s'emboîter soigneusement mises au point, il s'agissait ensuite de lancer la fabrication. Crowley a réuni une équipe d'artistes expérimentés pour sculpter à la main un Ranger et un Lander d'acier et de polystyrène, respectivement de 14 et de 15 m de long. Scott Fisher et son équipe

d'experts en effets spéciaux ont ensuite construit un train d'atterrissage hydraulique et des portes d'accès aux sas dans la coque des deux vaisseaux. Puis, ils ont été imperméabilisés grâce à un épais revêtement de fibre de verre, ce qui s'avérait indispensable pour les scènes prévues par Nolan. Fisher a encore mis au point des "lits de cryogénisation" où les astronautes passent de longs moments lorsqu'ils sont immobiles, ainsi que des sièges hydrauliques capables de pivoter à 360°.

Lorsque les vaisseaux ont fini par être transportés sur les plateaux des studios Sony, Fisher les a montés tous les deux sur un "Waldo", cardan à six axes relié à un système de motion-control permettant à l'opérateur de contrôler ses mouvements avec une stabilité et une précision inédites. 

 

Inspirés par les images IMAX de véritables voyages dans l'espace, Nolan et le le directeur de la photgraphie Hoyte Van Hoytema souhaitaient fixer la caméra IMAX sur les vaisseaux, ce qui était possible étant donné la stabilité du Waldo et le gabarit grandeur nature des vaisseaux. Le chef-opérateur indique : "On a fini par créer un dispositif étrange afin qu'on ait le sentiment que la caméra soit un témoin des événements, comme si elle enregistrait le réel, plutôt qu'elle soit omniprésente et qu'elle semble flotter dans l'air. On a même installé des caméras sur les casques et sur le corps des acteurs".

 

Les systèmes de fixations solides et le Waldo étaient essentiels afin d'éviter à Nolan de recourir aux fonds verts. Nolan souhaitait que les énormes vaisseaux puissent se déplacer sur fond de panneaux représentant l'espace afin de filmer les signaux lumineux, les formes et les objets que l'on

est censé apercevoir avec ce type de luminosité. "Cela demande beaucoup d'efforts, mais comme on avait déjà construit les vaisseaux, on s'est dit qu'on avait intérêt à maximiser leur utilisation. Et du coup, ce qui risquait de s'avérer un plan statique est devenu l'un des éléments les plus importants du style visuel du film".

 

La production a eu recours à la même technique pour filmer les délicates opérations d'accostage à chaque fois que les astronautes ramènent le Ranger ou le Lander sur l'Endurance, et tandis que le Waldo synchronise ces attelages de manière parfaitement harmonieuse. 

 

Si les maquettes ont donné lieu à des animations d'effets visuels au fil des années, Nolan avait le sentiment qu'il s'agissait du meilleur moyen pour donner aux vaisseaux une vraie présence dans l'espace. En l'occurrence, néanmoins, les maquettes créées pour le film aux New Deal Studios

de Los Angeles ont été construites à une telle échelle qu'ils ont été surnommés "maxi-maquettes".

Elles comprenaient notamment une maquette à l'échelle 1/15e de l'Endurance de près de 8 m de long, une maquette pyrotechnique d'une partie de l'appareil bâtie à l'échelle 1/5e et plusieurs maquettes, de tailles différentes, du Ranger et du Lander. Toutes ces maquettes comportaient

d'infinis détails afin que la caméra cerne bien leur composition lorsqu'elles sont filmées sur fond des images de l'espace signées Paul Franklin.

La production a mis en valeur cet effet en utilisant un dispositif de motion-control et en en jouant sur les rapports d'exposition sur des caméras VistaVision grand format, ce qui a permis à l'objectif de saisir les objets se trouvant sur le passage des vaisseaux à proximité d'une source lumineuse.

 

L'Endurance – et plus particulièrement une de ses parties d'une soixantaine de mètres de la structure modulaire – a été construit sur le plateau n°30 des vastes studios Sony. Cet immense anneau a ensuite été descendu sur un cardan de 45 m muni, à trois emplacements, d'hydrauliques gigantesques capables de faire pivoter le décor jusqu'à 180° pour les scènes de vol spatial.

 

Un héritage de Spielberg

 

Steven Spielberg, qui était attaché à la réalisation du film en 2006 et a engagé Jonathan Nolan pour écrire le scénario, a choisi d'autres projets. En 2012, après le départ de Spielberg, Jonathan Nolan propose le projet à son frère Christopher Nolan.

BANDES ANNONCE

PHOTOS

AFFICHES

 

Extrait des dialogues :

 

"Autrefois, on regardait le ciel en se demandant quelle était notre place parmi les étoiles. Désormais, on a les yeux rivés vers le sol et on se demande quelle est notre place dans cette poussière".

Cooper

 

"Ce monde est précieux, mais depuis quelque temps, les phénomènes qui y surviennent nous font comprendre qu'il va falloir nous préparer à quitter cette planète."

—Cooper

 

″On trouvera un moyen de s'en sortir. On y est toujours arrivé.″

 —Cooper

 

"Nous devons nous rendre à l'évidence qu'aucune planète de notre système solaire ne pourra nous venir en aide".

—Le professeur Brand

 

"L'amour est la seule chose qui transcende le temps et l'espace."

 

—Le professeur Brand

 


GENERIQUE

Interstellar (id.), 2014, Christopher Nolan, Etats-Unis/Royaume-Uni.

Son : Datasat, Dolby Digital, IMAX 6-Track, Dolby Surround 7.1, SDDS, Sonics-DDP (version IMAX) . 

Couleurs : Color (FotoKem).

Format d'image : 1.43 (quelques scènes pour le format IMAX 70mm), 1.78 (Blu-Ray IMAX et 4K UHD, quelques scènes), 1.90 (IMAX Digital, quelques scènes), 2.20 (70mm), 2.35 (35mm), 2.39.

Réalisateur : Christopher Nolan.

Scénario : Jonathan Nolan et Christopher Nolan.

Durée : 2h49

Productions Paramount Pictures, Warner Bros., Legendary Entertainment, 

Syncopy, Lynda Obst Productions, Government of Alberta & Alberta Media Fund, Atvinnuvega- og nýsköpunarráðuneytið.

Distribution : Warner Bros.

Producteur : Christopher Nolan, Lynda Obst, Emma Thomas

Producteurs exécutifs : Jenny Basen, Jordan Goldberg, Harrison Goldstein, Árni Björn Helgason, Jake Myers, Graeme Puttock, Kip Thorne, Thomas Tull.

Supervision de producteurs : Debbie Schwab

Coordination des producteurs : Jill Christensen, Kim Goddard-Rains, Inga Björk Sólnes, Kaari Autry (assistante), Stacey Douglas (assistante), Gudlaug O. Thorisdottir (assistante).

Effets spéciaux (sociétés) Double Negative (DNEG), New Deal Studios, Custom Film Effects, Motion Picture Imaging.

Décorateur plateauGary Fettis, Helen Kozora.

Directeur de la photographie : Hoyte Van Hoytema.

Montage : Lee Smith.

Décorateurs de production : Nathan Crowley.

Direction artistique Kendelle Elliott, Eggert Ketilsson, David F. Klassen, Josh Lusby, Agata Maliauka, Eric Sundahl, Dean Wolcott (superviseur).

Costumes : Mary Zophres.

Casting : John Papsidera.

Musique : Hans Zimmer.

Interprètes (dans l'ordre du générique) :  Ellen Burstyn (Murph agée), Matthew McConaughey (Cooper), Mackenzie Foy (Murph à 10 ans), John Lithgow  (Donald), Timothée Chalamet (Tom à 15 ans), David Oyelowo (Le principal de l'école), Collette Wolfe (Mme Hanley), Francis X. McCarthy (Boots), Bill Irwin (la voix de TARS dans la VO), Anne Hathaway (Brand), Andrew Borba (Smith), Wes Bentley (Doyle), William Devane (Williams), Michael Caine (Professeur Brand), David Gyasi (Romilly), Josh Stewart (voix de CASE dans la VO), Casey Affleck (Tom), Leah Cairns (Lois), Jessica Chastain (Murph), William Dickinson (Coop), Topher Grace (Getty), Matt Damon (Mann), Flora Nolan (La fille du camion), Griffen Fraser (Le garçon dans le camion), Jeff Hephner (le docteur), Lena Georgas (L'infirmière), Elyes Gabel Elyes (L'administrateur), Brooke Smith (Une infirmière)...

Date de sortie française : 5 Novembre 2014.

Budget : 165M$

Recettes mondiales cumulées : 675M$

 

 



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