THE WANDERING EARTH 2 (2023)

L'histoire

Alors que le Soleil menace de s’éteindre, l’humanité se lance dans un projet démesuré : installer d’immenses propulseurs sur la planète afin de la faire voyager vers un autre système solaire. La survie de tous dépend dès lors d’une poignée d’hommes et de femmes chargés de mener à bien cette mission aussi audacieuse que périlleuse.


L'AVIS DE SF-STORY**

POINTS POSITIFS ET NEGATIFS

+  Avec l''ampleur démesurée du spectacle : effets spéciaux, scènes titanesques (déplacement de la Terre, catastrophes grandioses), une volonté d’atteindre le standard des blockbusters internationaux.

- Récit boursouflé et confus, peu d'émotion au final.

Vertige narratif et chaos numérique

 

Préquelle démesurée du succès chinois de 2019, The Wandering Earth 2 revient sur les prémices du gigantesque projet de sauvetage mondial imaginé par Liu Cixin : devant l’extinction imminente du Soleil, l’humanité entreprend de transformer la Terre en vaisseau interstellaire, propulsée par des milliers de réacteurs colossaux. À travers plusieurs destins entremêlés et un récit qui s’étire sur une décennie, le film déploie les enjeux politiques, scientifiques et humains d’une entreprise folle, où s’entrecroisent sabotage, dissensions nationales et tensions idéologiques.

Si l’ambition laisse rêveur, la mise en œuvre, elle, se montre plus discutable. The Wandering Earth 2 ouvre les hostilités par une débauche d’effets numériques qui tient davantage de la démonstration technique que du véritable récit. Les trente premières minutes, saturées d’images de synthèse et d'action peu lisible, tiennent du maelström épileptique : l’œil peine à suivre, l’esprit décroche. La suite ne calme guère le jeu : le film aligne les situations catastrophiques avec une frénésie telle que l’atmosphère chaotique finit par lasser. Les dialogues, parfois d’une naïveté confondante, et un humour mal calibré (adapté au marché asiatique?) n’arrangent rien, pas plus que la tendance au sacrifice héroïque surjoué, une constante au pays du milieu, confine parfois à la caricature.

On reconnaît pourtant l’impact du matériau d’origine : Liu Cixin a toujours su pousser ses hypothèses scientifiques dans leurs retranchements les plus extrêmes, et la monumentalité du projet narratif reste impressionnante. Le film met en avant un héroïsme collectif typiquement chinois et assume pleinement son modèle de fresque nationale. Mais cette générosité vire au gigantisme indigeste : durant près de trois heures de chaos visuel, ponctuées de raccourcis scénaristiques ahurissants (incluant, entre autres, l'éjection pure et simple de la Lune, traitée avec un naturel désarmant).

Pourtant, il faut reconnaître une ambition sidérante dans certaines séquences. Mention spéciale tout de même à l’attaque terroriste à base de drones, s’étirant sur près de vingt minutes, témoignant d’une puissance de feu rare : un ballet aérien meurtrier dans un ascenseur orbital monumental, où le film déploie ce qu’il sait faire de mieux : la destruction assumée et spectaculaire. Une scène lunaire réussie rappelle que la SF chinoise peut encore surprendre quand elle prend enfin le temps d’installer son imaginaire.

Hélas, l’ensemble ne parvient pas à dépasser son statut de "blockbuster hypertrophié". La réalisation, solide techniquement, ne suffit pas à masquer un scénario foutraque, un montage étouffant et une dramaturgie trop appuyée. The Wandering Earth 2 cherche à rivaliser avec les superproductions hollywoodiennes… mais en imitant plus qu’en inventant. Le résultat, malgré des moyens colossaux et quelques visions sidérantes, demeure un spectacle massif, souvent grisant, mais aussi terriblement inégal. Du Michael Bay ou du Roland Emmerich à la sauce chinoise, une volonté de film de catastrophe démesuré mais qui finit par s’effondrer sous son propre poids.

HORS-CHAMP*

Un succès immédiat

 

The Wandering Earth 2: La fin des temps est une préquelle du film de 2019 intitulé The Wandering Earth (La Terre errante), lui-même basé sur la nouvelle du même nom de l'écrivain chinois Liu Cixin. L'auteur est devenu célèbre principalement pour sa trilogie du Problème à trois corps, qui a fait l'objet d'une adaptation en série TV sur Netflix et qui avait reçu le prix Hugo du meilleur roman 2015. Il est également l'un des producteurs du film.

Après le succès du premier film sorti en 2019, le réalisateur Frant Gwo avait annoncé dès novembre de cette même année qu’un second film serait envisagé. Mais ce n’est qu’en juillet 2021 que le projet a été officiellement validé, et le tournage a débuté en octobre 2021. Le film s’est voulu global, ambitieux, et réaliste : pour la production, l’objectif était “de tout recommencer”, refaire l’univers, à plus grande échelle, avec des effets spéciaux actualisés, des décors immenses, des équipes nombreuses.  

Tournage et box-office

 

Le tournage mobilisa ainsi plus de 1 189 personnes et plus de 22 000 figurants, signe d’un effort massif, une ambition capable de rivaliser avec les blockbusters américains. 

Plusieurs entreprises d’État chinoises — notamment dans l’industrie lourde, le bâtiment, l’ingénierie — ont soutenu le film, fournissant matériel lourd, machinerie, effets spéciaux, impression 3D pour les structures, ce qui reflétait l’ambition nationale et économique du projet.

Le film a depuis sa sortie généré 615 millions de dollars au box-office mondial. Dès le premier jour de sortie le 22 janvier 2023 (date du nouvel an chinois), les recettes en Chine étaient de près de 70M$, cumulant sur les trois premiers jours 187M$ de recettes.  C'était aussi le film officiel pour la Chine dans la catégorie "Meilleur film international" de la 96e cérémonie des Oscars en 2024.

Des effets spéciaux made in China

 

Le réalisateur Frant Gwo a confié 95 % des effets visuels (VFX) à des équipes chinoises donnant ainsi un signal fort de l’essor des capacités techniques du cinéma de SF en Chine. Le film a nécessité une production colossale : d’après Gao Ang, le directeur artistique, la préparation et la post-production ont duré plus de 1 400 jours, avec 5 310 concept arts, près d'un million d’accessoires et de costumes, et plus de 4 000 plans avec effets spéciaux. 

Pour la fabrication des éléments physiques (accessoires, combinaisons spatiales, maquettes…), certains objets ont été réalisés via impression 3D : le Studio MDI, en coopération avec des artisans de la ville de Shenzhen, a produit les combinaisons spatiales, l’ordinateur quantique “MOSS”, et d’autres accessoires techniques via impression 3D additive. 

Le renfort des industriels chinois

 

Pour les infrastructures plus imposantes, des entreprises industrielles chinoises ont participé : par exemple, le groupe de machines de construction XCMG a fourni des engins (pelles, excavateurs tout-terrains...) pour les scènes évoquant des travaux, constructions ou effets spéciaux “physiques”, renforçant le réalisme des décors.  Sur le plan numérique, des sociétés VFX locales et internationales ont été impliquées. Parmi les noms cités dans le générique : des superviseurs VFX islandais, des artistes en composition, en capture faciale, en matte-painting, en animation 3D — le film ayant nécessité une chaîne lourde de travail numérique.

Créer une impression d'infini

 

L’un des challenges majeurs pour The Wandering Earth II a été la simulation d’effets à très grande échelle : inondations, vagues massives, destructions urbaines, les élévateurs spatiaux, la Lune en chute... plusieurs scènes visuellement spectaculaires qui combinent 3D, simulation de fluides, destruction, fumées, particules, lumières. Pour cela, un des prestataires mentionnés est T-VFX, chargé de simulations d’eau (vagues submersives), d’ombres, d’environnement, et d’intégration des éléments CGI dans les plans réels. 

Pour l’immersion industrielle et futuriste voulue par Frant Gwo, la volonté de densité des accessoires, des décors, des engins, des maquettes, combinée aux effets numériques, devait permettre de créer un univers cohérent et tangible.

Les effets spéciaux de The Wandering Earth II résultent d’une ambition industrielle et artistique majeure : mixant des technologies numériques (CGI, impression 3D, simulation), d’artisanat physique (accessoires, maquettes, machinerie réelle), de design détaillé et d’une équipe de production gigantesque avec la volonté de faire la démonstration de ce que la Chine peut désormais produire dans la science-fiction de grande envergure, un blockbuster visuel et structurel, porteur d’un univers crédible et spectaculaire.

Le studio néo-zélandais Wētā Workshop a joué un rôle important mais circonscrit dans The Wandering Earth 2 se limitant à la fabrication des costumes spéciaux, des submersibles individuels, des accessoires futuristes : le “hardware palpable” du film mais ne sont pas intervenus sur les effets visuels.

Tournage international

 

En complément des vastes scènes réalisées en Chine, le film inclut un large ensemble de séquences tournées à l’étranger. La pandémie de COVID-19 ayant empêché toute mobilité, la production a dû créer des équipes locales dans quatre pays — États-Unis, France, Islande et Colombie — pour assurer les prises de vues internationales. Grâce à un dispositif de diffusion en direct, ces images étaient transmises en temps réel au plateau principal de Qingdao, permettant au réalisateur de superviser à distance chaque tournage hors Chine tout en pilotant les scènes locales. Les rushs étaient ensuite envoyés via transfert cloud, sous forme de fichiers légers et de masters originaux, immédiatement accessibles par les équipes chinoises afin de faciliter la post-production. Pour accueillir l’ensemble des décors physiques, le studio principal de The Wandering Earth II a été multiplié par dix par rapport au premier film, atteignant près de un million de mètres carrés, soit l’équivalent de 126 terrains de football.

Une suite annoncée et l’avenir de la saga

 

Le réalisateur Frant Gwo a déjà confirmé qu’un troisième film est en développement, avec un début de production estimé d’ici vers 2026/2027.  Le projet utilisera des technologies modernes : on parle d’un assistant IA nommé “WEi” (inspiré de l’intelligence artificielle du film, “MOSS”) pour accompagner la production du prochain volet — un signal que la saga cherche à se positionner aussi sur le plan technologique et narratif. Selon les médias chinois peu avares d'autosatisfaction, la série The Wandering Earth est désormais considérée comme une référence SF nationale, un jalon dans le développement d’un “cinéma de science-fiction chinois à grand spectacle”.

Dans le générique de fin, vous découvrirez des scènes supplémentaires, des teasers sur le prochain film ?

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PHOTOS

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AFFICHES


GENERIQUE

The Wandering Earth 2 (流浪地球2 / Liú Làng Dì Qiú 2), Frant Gwo, 2023, Chine.

Autre titre : The Wandering Earth - La fin des temps.

SonDolby Atmos, IMAX 6-Pistes, IMAX 5.0 (IMAX version). Format d'image : 2.11 (quelques scènes dans la version MAX), 2.40 (quelques scènes), 2.76 (version cinéma).

Réalisateur :  Frant Gwo. Durée : 2h53.

Productions China Film Co., Ltd., G!Film Studio, Beijing Dengfeng International Culture Communications Company, CFC Pictures, Rollin Studios.

Distribution France : Canal+.

Producteurs : Anthony Argento (Equipe New-York), Eliana de la Pava (Colombie), Gong Geer, Jerry Li, Siyu Lin (New-York), Cixin Liu, Kailuo Liu, Mingyu Peng, Wu Xian.

Co-producteur : Shenghua Bao, Zhe Chen, Han Mei, Li. Tingwei, Pengfei Wang, Yan Wang.

Producteurs exécutifs : Ruoqing Fu, François Lebourg (Paris).

Producteur co-exécutif : Jun Meng, Juan Wan, Ke Wang, Zhonglei Wang, Eric Xu.

Producteur associé : Ning Liu, Ella Grace Qin (Paris), Huixia Zhang.

Producteur administratif : Yang Chen, Yiran Li, Xiao Sun, Hong Wang.

Scénario : Yang Zhixue, Gong Geer, Frant Gwo, Ruchang Ye d'après le roman de Cixin Liu. Consultant : Hongwei Wang.

Effets spéciaux (sociétés) : Cubic Pictures (3D conversion), T-VFX, Weta Workshop.

Directeur de la photographie : Michael Liu. 

MontageTingting Yan, God Ye, Ruchang Ye, Ka-Fai Cheung (superviseur)

Chef décorateur : Ahdee Chiu, Ang Gao, Hanrui Wang (New York).

Direction artistique : Ang Gao.

Décorateur plateau : Zhijian Wang.

Musique originale : Roc Chen.

Costumes : Hannah Kittell.

Maquillages : Jeanna Canatsey, Lihui Wongsha.

Casting : Wayne Chang.

Interprètes : Jing Wu (Liu Peiqiang), Yi Sha (Zhang Peng), Yanmanzi Zhu (Hao Xiaoxi), Xuejian Li (Zhou Zhezhi), Andy Friend (Mike), Zhi Wang (Han Duoduo), Kawawa Kadichi (Herbert Copley), Vitalli Makarychev (Andrey Gerasnov), Clara Lee (La terroriste de l'ascenseur spatial), Tony Nicholson (Un terroriste de l'ascenseur spatial), Vladimir Ershov (Un terroriste de l'ascenseur spatial), Ren Li (Pilote coréen), Andy Lau (Tu Hengyu), Ruoxi Wang (Tu Yaya), Li Ning (Ma Zhao), Yi Zhang (Wang Zhijian), Liya Tong (La femme de Tu Hengyu)…

Date de sortie française : 15 Juin 2024 (TV).

Date de sortie Chine 20 janvier 2023.

Date de l'édition Blu-Ray/DVD : 

Budget estimé

Recettes mondiales



PLUS SUR THE WANDERING EARTH 2

BOUTIQUE SF-STORY

TEST BLU-RAY/DVD

Le superbe visuel du boîtier Steelbook 4K

The Jokers propose le 2 Décembre 2025, réédite le film The Wandering Earth 2, qui était sorti directement en France sur Canal +. Une précédente édition du 10 Janvier 2024 avait connu des soucis de conception (certains 4K n'étaient pas lisibles et les sous-titres français indisponibles) et d'approvisionnement : il restait disponible sur Amazon mais à un prix rédibitoire !

The Jokers a eu la bonne idée pour ce nouveau pressage dans une unique version Steelbook.

📀4K Ultra HD + Blu-ray - Boîtier SteelBook limité, deux disques : UHD-100 et BD-50.

A partir du menu animé avec les scènes marquantes du film, l'accès au film (2h53'16"), aux versions et aux 24 chapitres. 

Menus du Blu-Ray © The Jokers - Tous droits réservés

L'image du film en 4K HEVC - HDR10 au format 16/9 avec un ratio de 2.76 (comme le récent 28 Ans plus tard) permet de magnifier les effets visuels abondants déjà évoqués plus haut. Rien à signaler, noirs profonds, contrastes et résolution parfaite, pour un film aux dominantes grises et brunes.

Le tout étant tirée de la source numérique d'origine en 6,5K. Le réalisateur ayant opté pour une majorité de caméras Arri Alexa 65 (6.5K).

🎙️Le film est disponible en Français 5.1 et 2.0 ainsi que dans sa version originale (Mandarin) en 5.1 et 2.0. Côté sous-titres : seul le français est présent.

Pas de bonus sur les deux disques.

Extraits du film © The Jokers - Tous droits réservés


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