THE ROCKY HORROR PICTURE SHOW (1975)

L'histoire

En pleine nuit, sur une route isolée, Brad et Janet, jeune couple juste fiancés ,tombe en panne de voiture. Cherchant de l’aide, ils découvrent le mystérieux manoir du Dr Frank-N-Furter, un savant fou et travesti excentrique, qui s’apprête à présenter sa dernière création : Rocky, un être artificiel blond, incarnation de l’homme idéal. Peu à peu, Brad et Janet se laissent entraîner dans l’univers décadent et sensuel du docteur, où les frontières entre l’innocence, le désir et la transgression s’effacent.


L'AVIS DE SF-STORY***

POINTS POSITIFS ET NEGATIFS

+  Véritable explosion de glam rock et de mauvais goût assumé, The Rocky Horror Picture Show reste un OVNI jouissif qui dynamite les conventions du cinéma musical.

- Scénario décousu, kitsch et provocation peuvent laisser certains spectateurs sur le bord de la route!

 

Difficile de savoir si The Rocky Horror Picture Show est un chef-d’œuvre punk ou un accident de laboratoire sous acide. Mélange mutant de comédie musicale, de film de SF, de fantastique fauché et de cabaret transgressif, le film carbure à l’excès et au plaisir coupable. Tim Curry en Frank-N-Furter bouffe littéralement tout le monde à l’écran — et c’est tant mieux, parce que le reste tient parfois plus du délire improvisé que du scénario structuré. Culte, oui. Parfait, non. Mais qui voudrait d’un Rocky Horror trop bien peigné ?

HORS-CHAMP*

Pourquoi The Rocky Horror Picture Show est-il aussi un film de science-fiction ?

 

Le film The Rocky Horror Picture Show (1975), réalisé par Jim Sharman, est avant tout connu comme une comédie musicale excentrique et un film culte de la culture queer. Cependant, au-delà de son aspect musical et humoristique, il s’inscrit pleinement dans le genre de la science-fiction. Cette dimension se manifeste à la fois dans son intrigue, son univers visuel et les thématiques qu’il aborde. Explications.

Le film reprend directement les codes narratifs et esthétiques des films de science-fiction et d’horreur des années 1950, qu’il parodie de manière ironique. Le film s’ouvre d’ailleurs sur la chanson "Science Fiction/Double Feature", qui cite plusieurs classiques du genre tels que L'homme Invisible (1933), Flash Gordon (1936), Le Jour où la Terre s’arrêta (The Day the Earth Stood Still, 1951), Planète interdite (Forbidden Planet, 1956), La Révolte des Triffides (The Day of the Triffids, 1963). Ce générique chanté place d’emblée le spectateur dans un univers où les clichés de la science-fiction — savants fous, créatures artificielles, extraterrestres — vont être détournés et réinventés. 

Des extraterrestres venus de la planète Transsexual

 

Le film contient de nombreux éléments typiquement liés à la science-fiction : le personnage du Dr Frank-N-Furter est un scientifique excentrique qui crée un être humain parfait, Rocky (ressemblant au Flash Gordon des années 30), dans un laboratoire équipé de machines étranges et de dispositifs électriques. Cette expérience évoque directement le mythe de Frankenstein ou le Prométhée moderne, le roman de Mary Shelley écrit en 1818, souvent considéré comme le premier récit de science-fiction moderne. Par ailleurs, Frank-N-Furter et ses serviteurs, Riff Raff et Magenta, se révèlent être des extraterrestres venus de la planète Transsexual, dans la galaxie de Transylvanie. Même si cela reste juste suggéré, le film introduit ainsi un univers cosmique et des technologies venues d’un autre monde, caractéristiques du genre. Le film traite avant tout de l’altérité et de la différence : les extraterrestres représentent ici la marginalité et la transgression, mais au lieu d’être effrayants, ils deviennent fascinants et libérateurs. Le film utilise donc les codes du genre pour défendre une vision du monde ouverte, libre et tolérante. L'acteur Tim Curry dira : "Des spectateurs sont sortis [du film] en se disant qu’ils allaient dire les choses qu’ils avaient toujours voulu dire, et les ont dites. Le film vous autorise à être ce que vous voulez être — et à avoir les couilles pour le faire." Pas seulement un divertissement, mais  un catalyseur de libération personnelle. 

Entre hommage et parodie

 

L’esthétique du film participe de cette hybridation entre comédie musicale et science-fiction. Les décors du château rappellent à la fois les laboratoires des savants fous et les vaisseaux spatiaux, tandis que la mise en scène mêle le kitsch, le fantastique et le futurisme. Cette fusion des genres permet à l’œuvre d’osciller entre hommage et parodie, tout en créant un univers unique.

 

The Rocky Horror Picture Show est un film de science-fiction parce qu’il emprunte ses codes visuels, narratifs et thématiques à ce genre, tout en les détournant pour en faire une œuvre originale et provocatrice. À travers les extraterrestres, la création de la vie et la transgression des normes, le film interroge les mêmes questions que la science-fiction : la nature de l’humain, les pouvoirs de la science et la liberté d’être différent. C’est cette fusion entre le spectaculaire, le scientifique et le subversif qui fait de ce film un ovni dans l’histoire du cinéma.

Man Ray - Les Amoureux à l'heure de l'observatoire (1966) et l'affiche du film 

Tous droits réservés.

Une bouche maquillée

 

Le concept initial du long métrage prévoyait, selon le scénario d’origine, d’intégrer pendant la chanson et le générique d’ouverture des extraits de films de science-fiction et d’horreur, vieillis artificiellement pour évoquer les séries B des années 1950. Ce projet fut finalement abandonné, le coût d’acquisition des droits de diffusion s’étant révélé trop élevé en 1974. Pour l’adaptation cinématographique, le chef décorateur Brian Thomson opta alors pour une solution plus symbolique : une bouche maquillée, celle de Patricia Quinn, se détachant sur fond noir et chantant en synchronisation avec la voix de Richard O’Brien. Cette image iconique, inspirée du tableau de Man Ray Les Amoureux à l'heure de l'observatoire (1966), donne naissance au prologue du film : des lèvres désincarnées, suspendues dans le vide, interprétant la chanson d’ouverture à la place des extraits de films initialement prévus.

Un tournage mouvementé

 

Le tournage du film a été réalisé en seulement cinq semaines d'octobre à décembre - à Bray, près de Windsor, en Angleterre -, ce qui est extrêmement rapide pour une production de ce type. Une scène en particulier — celle de la piscine — a été marquante : les acteurs portaient des costumes légers, l’eau était froide, et l’équipe en souffrait ; la costumière Sue Blane a même attrapé une pneumonie. Cela montre bien les limites de budget et de temps auxquelles l’équipe était confrontée. Le décor du manoir  était en mauvais état : toits qui fuiyaient, peu de chauffage, et conditions difficiles pendant l’automne et le début de l'hiver en Angleterre. L'actrice Susan Sarandon (Janet Weiss) déclarait : "C’était un tournage très, très difficile. Je crois que le budget était d’environ un million de dollars, on était congelés, il n’y avait pas de chauffage dans le studio, et on était souvent à moitié déshabillés ou mouillés — j’ai fait une pneumonie... Mes agents pensaient que j’étais folle de vouloir faire Rocky Horror.

Sous la pression du tournage, l'équipe arrivait au studio tôt le matin pour se faire maquiller : rien que le maquillage de Tim Curry prenait quatre heures, il a donc appris à le faire lui-même. 

Surprises

 

Plusieurs séquences célèbres du film sont le fruit d’accidents ou de décisions de dernière minute : l’entrée spectaculaire de Dr. Everett V. Scott interprété par Jonathan Adams qui s’effondre à travers un mur n’était pas prévue à l’origine — un oubli d’une porte sur le décor a créé cette surprise. Pour la scène du dîner, l’acteur Barry Bostwick écrase par accident la main de Susan Sarandon. Sa réaction a été gardée intacte au montage : la douleur était réelle. Et, plus tard, Susan Sarandon lui a rendu la pareille en lui marchant sur le pied avec sa chaussure à talons aiguille dans une autre scène. Toujours lors de la scène du diner, lorsque le corps de Meat Loaf est révélé sous la nappe : la plupart des acteurs ne savaient pas que ce corps factice serait là — le réalisateur Jim Sharman voulait une réaction authentique !

Echec commercial puis immense succès au box-office

 

Lors de sa sortie, The Rocky Horror Picture Show fut un échec commercial : les projections classiques attiraient à peine quelques spectateurs. Mais au milieu des années 1970, les séances de minuit changèrent son destin : le bouche-à-oreille transforma le film en véritable phénomène culte, rassemblant un public nocturne enthousiaste et participatif. Depuis, il est projeté sans interruption depuis 1975, détenant le record mondial de longévité à l’affiche. Rien qu'aux États-Unis, il a rapporté environ 113 millions de dollars de recettes. Bien que produit avec un budget très modeste (environ 1,2 million de dollars), le film est devenu extrêmement rentable sur le long terme : 612 170 spectateurs français on vu le film en salles.

BANDE-ANNONCES

PHOTOS

© 20th Century Fox - © 2013 Getty Images. Tous droits réservés. 

AFFICHES


GENERIQUE

The Rocky Horror Picture Show (id.), Jim Sharman, 1975, Royaume-Uni / États-Unis.

Autres titres : NC.

Son : Chace Surround (Remix pour version vidéo), Mono, 4-Pistes Stereo. Format d'image : 1.85.

Réalisateur : Jim SharmanDurée : 1h40/ 1h38 (montage USA).

Productions Twentieth Century Fox (présente), Michael White Productions.

Distribution France : Twentieth Century Fox.

Producteurs : Michael White.

Producteurs exécutifs : Lou Adler.

Producteurs associés : John Goldstone.

Scénario : Richard O'Brien, Jim Sharman.

Effets spéciaux : Colin Chilvers, Wally Veevers.

Directeur de la photographie : Peter Suschitzky.

Montage : Graeme Clifford.

Chef décorateur : Brian Thomson.

Direction artistique : Terry Ackland-Snow.

Décorateur plateau : NC.

Musique : Richard O’Brien, arrangements de Richard Hartley.

Maquillages : Peter Robb-King.

Costumes : Sue Blane.

Casting : Joel Thurm.

Interprètes : Tim Curry (Dr. Frank-N-Furter), Susan Sarandon (Janet Weiss), Barry Bostwick (Brad Majors), Richard O'Brien (Riff Raff), Patricia Quinn (Magenta ), Nell Campbell (Columbia), Jonathan Adams (Dr. Everett V. Scott), Peter Hinwood (Rocky Horror ), Meat Loaf (Eddie), Charles Gray (Le criminologiste), Jeremy Newson (Ralph Hapschatt), Hilary Farr (Betty Munroe)…

Date de sortie française : 14 Avril 1976.

Date de sortie : 14 Août 1975.

Date de l'édition Blu-Ray/DVD : 29 Octobre 2025.

Budget estimé : 1,2 M$.

Recettes mondiales : 139 M$.



PLUS SUR THE ROCKY HORROR PICTURE SHOW

BOUTIQUE SF-STORY

TEST BLU-RAY/DVD

Extraits des menus © Tous droits réservés - 20th Century Studios

20th Century Studios propose deux éditions du film le 27 Septembre 2025 :

- 📀 L'édition 4K Ultra HD + Blu-ray (UHD-66, BD-50), deux disques, en boîtier SteelBook, distribué en exclusivité à la FNAC, 

- 📀 L'édition 4K Ultra HD + Blu-ray (UHD-66, BD-50), deux disques, dans un boîtier classique avec fourreau.

Le film avait déjà fait l'objet de multiples éditions, notamment une Édition Digibook Collector du 7 Novembre 2018, chez le même éditeur, qui comportait un livret de 50 pages, les deux versions du film anglaises et US (je vous mets le lien vers l'article sur Amazon mais ce Cult Movies atteint des sommets en prix!!)

Pour cette édition, pas de livret mais d'autres suppléments dans un superbe boîtier.

Les images, au format 4K HEVC, Dolby Vision, HDR10, 16/9 - 1.66:1 sont tirées de la pellicule (35 mm / Eastman) : elle comporte un léger grain, le film datant de 1975. Coté audio, deux pistes sont présentes : une version anglaise  7.1. DTS-HD Master Audio (à choisir d'emblée), et une version anglaise 2.0, sachant que le son d'origine était en 4 pistes stéréo. 

Le menu, au graphisme bien trop sage, s'affiche au terme d'une courte présentation montrant la bouche et le corps du Dr. Frank-N-Furter, permettant d'accéder au film (1h40'04"), aux 36 chapitres, à la configuration audio/sous-titres (français, espagnol, anglais pour les malentendants), et aux nombreux bonus que nous détaillerons.

En sélectionnant le film, vous pourrez accéder à la V.O. ou à la version Karaoké (sous-titres des chansons intégrés).

Extraits de la chanson "One In A While", version alternative Noir et Blanc, générique et karaoké 

© Tous droits réservés - 20th Century Studios

Les bonus sur le Blu-ray 4K et sur le Blu-Ray :

4K Ultra HD :

- Rocky-oke : Piste karaoké avec ou sans voix

- 50 ans et toujours vivant !  : la possibilité de visionner le film avec des informations et anecdotes en cours de visionnage (VO)

- Piste de rappel vintage (non classée) : idem avec des répliques à lancer pendant le film (VO)

- le Commentaire audio de Richard O’Brien et Patricia Quinn durant le visionnage (VO)

Blu-ray, les bonus audio identiques et en plus : 

- le film en Version alternative avec introduction en noir & blanc (1h40'04") et ce jusqu'à la vingtième minute environ. À l’origine, The Rocky Horror Picture Show devait débuter en noir et blanc, puis passer en couleur à l’arrivée du Dr Frank-N-Furter, afin de créer un effet spectaculaire rappelant Le Magicien d’Oz (1939). Faute de budget, cette idée fut abandonnée, et le film sortit entièrement en couleur. Une version alternative, partiellement en noir et blanc, a toutefois été proposée sur le DVD du 25ᵉ anniversaire, mais elle différait du concept initial. Susan Sarandon a confirmé ensuite que ce manque de moyens avait empêché la réalisation de cette transition.

- Chanson supprimée : "One In A While" (3’08”, sous-titres anglais), une mélodie sirupeuse centrée sur le couple Janet/Brad,

- Bêtisier : 11 prises alternatives (10’02”, VO sous-titres anglais) : The Time Warp alternative 1 et 2, Brad et Janet déshabillés prises 1 à 5, la scène de séduction de Janet 1 et 2, Préparation des planches 1 et 2,

- Générique de fin alternatif (3’45”, VO sous-titres anglais), générique se terminant sur un monologue du criminologiste avec la mappemonde.

- Coquille sur le générique (1’44”, VO sous-titres anglais)

 

Extraits du bonus Le phénomène Rocky Horror Picture Show © Tous droits réservés - 20th Century Studios

- 😊 Le Phénomène Rocky Horror Picture Show (1995, 36’25”, sous-titres anglais) : 20 ans après la sortie du film les acteurs Tim Curry, Richard O'Brien... et le réalisateur Jim Sharman reviennent sur la crétaion du film et le tournage. Brian Thomson le chef décorateur apporte plein d'anecdotes sur le film.

- Clip : « The Time Warp » 15ème anniversaire, sortie en VHS (4’36”, sous-titres anglais) : la chanson avec des images de rassemblement dédiés au film où le public chante en même temps que les acteurs sur scène,

- 10me anniversaire au Beacon Theater, New York (5’20”, sous-titres anglais) : retour sur le 10 ème anniversaire de la sortie du film célébré par les fans à New-York.

- Bandes-annonces (0’30” + 2’59”, sous-titres anglais)

 

- Karaoké : chacune des 19 chansons issues du film en version karaoké à regarder en continu ou séparément.


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